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lundi 17 mars 2014

Saint-Pierre-et-Miquelon, cousin éloigné

Dans ce petit morceau de France perdu dans l’Atlantique Nord, les 6 000 habitants commercent et échangent avec le voisin canadien. Mais leur histoire, leur langue et leur identité sont toujours tournées vers la métropole.

L’archipel semble oublié de tout, balayé par la neige et les vents d’hiver. Les façades des maisons sont soigneusement peintes en rouge, bleu roi ou jaune vif. Tous les quatre ans, chaque famille s’applique à protéger le bois du blizzard, avec une aide de la mairie (700 euros). Sur l’année, il fait en moyenne 5 °C, et il faut pouvoir lutter contre les éléments. Ici, même pour faire 10 mètres, on prend sa voiture, un de ces gros pick-up 4 × 4 soldés par Ford, donc beaucoup moins chers que n’importe quelle automobile sortie des usines françaises.
Pas d’enseigne alimentaire nationale dans la bourgade de Saint-Pierre, Marcel-Dagort est la seule grande surface. Pas de livraison du courrier non plus : chacun prend le temps de se rendre à la grande poste près de la gare maritime pour consulter sa «box». On vit du bâtiment ou du chantier de la nouvelle centrale électrique, située à l’autre bout de la petite ville. Sinon, on travaille dans l’administration ou dans un commerce touristique d’été, lorsque les Terre-Neuviens viennent pour se dépayser. Ou pour la radio-télévision du service public, SPM Première, qui emploie près de 90 salariés. 
Saint-Pierre-et-Miquelon, c’est un morceau de France perdu dans l’Atlantique Nord. Personne ne se rappelle qui avait appelé les «Onze Mille Vierges» ces quelques îlots situés au sud de Terre-Neuve (Canada), avant que Jacques Cartier ne leur donne leur nom actuel, lorsqu’il débarqua en 1536 avec la Grande Hermine. Comme personne n’a jamais compris comment ce petit territoire, tour à tour français, anglais, puis définitivement français depuis 1815, réussissait à résister au géant canadien. Pourtant, il n’y a aucun doute sur l’identité française de ces 6 000 âmes, d’origine normande, bretonne, espagnole et basque, qui composent l’essentiel de la population de Saint-Pierre, la plus petite des trois îles. A Langlade et Miquelon, les phoques sont probablement plus nombreux que les habitants…

LA MORUE SERT D’APPÂT

Son statut de collectivité d’outre-mer donne à l’archipel un régime douanier propre régi par un conseil territorial. Mais Saint-Pierre-et-Miquelon, c’est avant tout un archipel de marins créé par les marins, qui a quasi exclusivement vécu de la morue. Jusqu’en juillet 1992, date du moratoire sur la pêche imposé par le Canada qui fut un coup de grâce pour cette petite communauté.
A l’époque, le cabillaud, l’autre nom de ce poisson des mers froides, pêché avec des moyens de plus en plus sophistiqués, était en train de disparaître dans tout le Canada atlantique. Des universitaires canadiens mènent alors une étude sur les larves de morue en pleine mer afin de découvrir pourquoi sur les deux ou trois millions d’œufs pondus par une femelle, trois ou quatre seulement survivent. L’étude pousse les autorités canadiennes à interdire sa pêche pendant deux ans. Une décision qui va expédier vers un chômage certain près de 40 000 pêcheurs et travailleurs du secteur de la transformation du poisson dans toute la région (Terre-Neuve, Golfe du Saint-Laurent, Nouvelle-Ecosse) .
«Avant, les chalutiers de grande pêche pouvaient rapporter plus de 400 tonnes de morue en quelques jours, rappelle Enrique Perez, capitaine du port de Saint-Pierre et unique employé de la capitainerie. La pêche était prospère. Toute la flotte espagnole préférait venir ici plutôt qu’à Saint-Jean-de-Terre-Neuve. Le groupe espagnol Pescanova s’était même bien installé sur l’île. Puis la main-d’œuvre est partie à cause du moratoire. La France n’a pas défendu ses intérêts et, depuis l’arbitrage du tribunal de New York, il ne nous reste aujourd’hui qu’une petite bande de pêche de 3 milles nautiques de large sur 12 de long [5 kilomètres sur 20, ndlr].»
Les usines de transformation qui employaient 500 personnes sur l’archipel ont fermé et seulement sept bateaux de pêche travaillent encore avec le crabe des neiges, la crevette rose ou la saint-jacques, et maintenant le concombre des mers pour le marché chinois. «La seule usine se trouve à Terre-Neuve, à trois heures de mer, du coup, on ne fait plus tourner la main-d’œuvre locale», continue Enrique Perez qui compte, comme beaucoup, sur la construction prochaine d’un hub portuaire destiné à accueillir les grands navires de croisière pour relancer l’activité sur Saint-Pierre-et-Miquelon.
Avec la disparition de la pêche industrielle, l’économie saint-pierraise doit s’adapter et les pêcheurs diversifier leur activité. Les bateaux deviennent plus petits et surtout moins nombreux. «Le poisson se trouve à plus de 100 milles des côtes, dans des zones que le Canada contrôle aussi à cause du pétrole, affirme Stéphane Poirier, un des gros pêcheurs encore actifs. La morue ? Bien sûr qu’il y en a toujours, mais on ne peut plus la pêcher, on ne peut plus la traiter. Elle est achetée une bouchée de pain pour en faire de l’appât, alors qu’en métropole elle est vendue 20 euros le kilo ! Et puis, va dire aujourd’hui à un gosse de Saint-Pierre de partir dix jours en mer sur un bateau de pêche ! Je n’ai que des équipages canadiens, car plus personne ne veut faire ce métier, ici.»

A LA CHASSE AU LIÈVRE ARCTIQUE

Karl Beaupertuis, autre pêcheur traditionnel de l’île, a lui aussi dû changer sa façon de travailler. Il regrette le manque de flexibilité des deux banques locales pour l’obtention d’emprunts. «On est revenu à la pêche, mais il n’y a pas de crédit maritime, j’ai dû hypothéquer ma maison pour pouvoir continuer à bosser. Mais nous restons sur des marchés marginaux. Même au plus fort de l’activité, nous ne représentons rien face aux Canadiens. Le rapport euro-dollar nous pénalise.»
On est loin de l’opulence des années 20, à l’époque de la prohibition en Amérique du Nord. L’archipel avait alors quelque peu délaissé la pêche pour une autre source de revenus, moins fatigante. A cette époque, malgré les nombreuses sommations du géant américain pour que l’archipel respecte ses nouvelles lois, la France fait la sourde oreille et les Saint-Pierrais empochent les dollars. Près de 350 000 caisses d’alcools en tous genres transitent chaque mois par l’île. Le petit port est envahi par les contrebandiers américains et canadiens et leurs bateaux ultrarapides capables d’échapper aux arraisonnements en pleine mer. Les entrepôts de poisson sont transformés en caves à alcool. Les nombreux bars, qui aujourd’hui ne se comptent plus que sur les doigts d’une seule main, tournent à plein régime. Et on affirme toujours qu’un certain Al Capone a séjourné à l’hôtel Robert, face à la capitainerie. En 1933, tout s’arrête. C’est la fin de la prohibition, l’île reprend le chemin de la pêche, jusqu’à la crise de 1992.
L’île a gardé ses particularités. En plein centre-ville, à proximité du fronton de pelote basque datant de 1906, les noms aux consonances basques sont nombreux et les expressions locales ont une certaine originalité. On ne demande pas «ça va ?», mais «ça vit ?», à quoi on répond «ça pète !» Les gens venus de métropole sont appelés «mayous» et «mayouses», dérivation du nom donné aux pêcheurs venus de Cancale (Ille-et-Vilaine) qui jadis faisaient sécher la morue sur l’île aux Marins, abandonnée depuis longtemps. Enrique Perez, au volant de sa vieille voiture de fonction, continue sa visite sur le peu de routes de Saint-Pierre. Rares sont les arbres qui poussent sur ce rocher érodé par les glaciers, où la chasse au lièvre arctique et la pêche à la truite sauvage sont les passe-temps habituels du dimanche.

TERRE-NEUVE ET MARIAGES MIXTES

La population vit dans un isolement certain, elle habite pourtant sur le territoire d’outre-mer le plus proche (4 000 km) de la métropole. «Notre cordon ombilical, c’est Air Saint-Pierre, confirme Anaïs, professeure de théâtre au centre culturel. On est à la fois "pas loin" et "à très cher" (1 300 euros) de la métropole.» La compagnie privée, comme beaucoup d’entreprises locales, est maintenue à flot grâce aux subventions. Deux avions, un six places et un ATR 42, assurent la navette avec Halifax, en Nouvelle-Ecosse, Saint-Jean-de-Terre-Neuve et Montréal.
Chaque année, 300 jeunes quittent le lycée de Saint-Pierre pour aller faire des études supérieures dans l’Hexagone, mais aussi au Canada, moins loin et a priori plus calme. «L’image de la métropole nous fait un peu peur, admet Anaïs. Surtout ce que nous renvoient les journaux télévisés nationaux, retransmis en direct deux fois par jour par SPM Première.» Et puis, l’archipel se sent plus proche de Terre-Neuve, c’est là aussi que se trouve un complexe hospitalier plus moderne que celui de Saint-Pierre, en attendant l’aménagement du nouvel hôpital. «Il y a beaucoup d’échanges culturels et sportifs malgré la barrière de la langue, se réjouit Yannick Arrossamena, directeur du centre culturel et gérant du seul cinéma de la ville, avec ses films exclusivement français. A Terre-Neuve, il y a 95% d’anglophones et l’université de Saint-Jean nous envoie chaque année une trentaine de jeunes étudiantes pour apprendre le français. Il y a beaucoup de mariages mixtes…»
Ici, le visiteur ne peut venir que de très loin, mais il est toujours choyé. Les rares fois où un bateau français quitte le port, c’est un véritable défilé d’adieux la veille du départ. Chacun apporte poissons et crustacés de toutes sortes, cadeaux en tous genres, ou confie des colis pour la famille en métropole. Tout est fait avec émotion. Comme si un bout d’eux-mêmes était en train de partir. Comme s’ils continuaient à crier leur appartenance. Loin de tout.

Libération le 29/12/2013 par  D. Di Meo



Résumez en quelques lignes 

vendredi 21 février 2014

Langues régionales : l'alsacien devance la charte européenne


Lassée d'attendre l'Etat, la commune de Saverne a décidé d'anticiper la ratification de la charte européenne des langues régionales. Mulhouse pourrait suivre.
Alors que l’Etat français n’a pas encore ratifié la charte européenne des langues régionales, des élus alsaciens prennent les devants et adoptent une version régionalisée du texte. Le conseil municipal de Mulhouse planche dessus ce lundi soir. La semaine dernière c’est Saverne qui l’approuvait, une première européenne. «Le principe est le même, nous avons simplement retiré tout ce qui concernait l’Etat et chaque collectivité doit choisir 35 engagements sur les 75 listés», explique Pierre Klein, président de la fédération Alsace bilingue.
L’organisation, qui regroupe les principales associations défendant la culture et la langue alsaciennes, est à l’origine d’un appel pour que l’Etat français ratifie enfin la charte européenne. 3600 personnes ont signé, des acteurs du monde politique, économique, culturel dont 167 maires. Et avec la campagne des municipales, le lobbying de Pierre Klein semble porter ses fruits. Roland Ries (PS) à Strasbourg s’est montré intéressé ainsi que le président du conseil général du Haut-Rhin, Charles Buttner (UMP). «Cela prend bien»,sourit Pierre Klein, expliquant qu’il n’avait d’autre choix que de court-circuiter l’Etat, tant«il y a urgence à sauver l’alsacien et que le processus de ratification national, s’il aboutit, pourrait traîner encore des années».
«ENVOYER UN SIGNAL : UN PEU DE COURAGE!»
Cela traîne déjà depuis deux décennies. La charte européenne des langues régionales date de 1992, 25 Etats l’ont aujourd’hui ratifiée. Jospin avait fait une tentative en 1999, mais il s’est heurté au veto du Conseil constitutionnel rappelant que «la langue de la République est le français». Ratifier le texte figurait parmi les engagements du candidat Hollande en 2012. Fin janvier, les députés ont fini par se prononcer en faveur de cette modification de la Constitution, permettant d’adopter la charte européenne.
La proposition de loi doit encore être validée par le Sénat puis par référendum ou sous forme de projet de loi constitutionnel, qui doit atteindre la majorité des deux tiers au Congrès (réunion des deux chambres à Versailles). « En adoptant cette charte localement, nous espérons faire pression sur le gouvernement et lui envoyer un signal : un peu de courage !», lance Christiane Eckert, adjointe au maire UMP de Mulhouse, en charge du dossier.
Elle se souvient de son enfance à ville-frontière d’Huningue. Le dialecte alsacien,«une richesse, une ouverture», lui permettait de se faire comprendre outre-Rhin.«Mais les Français de l’intérieur nous traitaient de Boches. C’était terrible.» A l’école, ceux qui parlaient étaient punis. «J’ai dû chanter la Marseillaise devant tous les élèves», se rappelle Justin Vogel, président de l’OLCA (office pour la langue et la culture d’Alsace) et maire de Truchtersheim. Aujourd’hui, c’est cette génération d’enfants punis après-guerre, «les derniers à pouvoir encore transmettre l’alsacien»,qui milite pour un «dialecte décomplexé», qui ne soit «plus une honte» et s’érige contre un «Etat français qui a toujours tenté d’éradiquer les particularités régionales, tolérées une fois devenues folklore», selon Justin Vogel. Lui s’agace que«l’on parle encore de balkanisation de la France», «les moulins à vent du séparatisme tournent à vide». Et Christiane Eckert, à Mulhouse, d’insister «avec la charte, on ne fait pas le lit des régionalistes extrêmes, au contraire, on leur coupe l’herbe sous le pied, en s’emparant du symbole, la collectivité évite qu’il ne soit récupéré par des petits nazillons passéistes».
«LANGUE DE CONNIVENCE, DE FAMILIARITÉ»

Concrètement, à Saverne comme à Mulhouse, des agents seront formés au dialecte, sur la base du volontariat, pour accueillir les administrés en alsacien, «la langue de connivence, de familiarité». Il s’agit d’en finir avec ce que Jean-Marie Woehrling (association culture et bilinguisme) appelle «l’auto-censure réciproque», «des fonctionnaires qui se sentent obligés de parler français et des usagers qui n’osent plus utiliser leur langue». Il en est convaincu, «pour faire vivre la langue, il faut qu’elle existe dans l’espace public». Ainsi, à Mulhouse, les vœux du maire étaient proposés simultanément en alsacien, grâce à l’installation d’une cabine de traduction et des casques en libre-service. Sous le prochain mandat, c’est l’intégralité des débats du conseil municipal qui pourraient être ainsi traduits. La ville a d’ores et déjà recruté un agent ayant pour mission de décliner toutes les actions municipales en alsacien. Dans la rue, la signalétique s’affiche dans les deux versions. Et les formulaires administratifs sont traduits.
Même son de cloche à Saverne, où le maire UMP Stéphane Leyenberger insiste sur le fait que «la charte n’est pas une révolution, mais un renforcement de ce qui existe déjà» : des cursus scolaires bilingues (franco-allemand) et trilingues dans le privé (français, allemand, alsacien), du théâtre en alsacien… Le tout «avec un budget maîtrisé et raisonnable», assure l’édile qui se dit de la «génération sacrifiée», celle dont les parents s’interdisaient de parler alsacien et ne l’ont pas transmis. Un comité de suivi sera prochainement mis en place à Saverne pour veiller à l’application de la charte. Au contact avec les seniors, Nicole Hornberger, adjointe à l’action sociale, use de l’alsacien quotidiennement, «surtout pour les blagues et les chants». L’idée de pouvoir un jour faire ses discours officiels dans sa langue natale la laisse rêveuse. Mais pour sauver l'alsacien, il faut que les «jeunes aient envie de l’apprendre». Et là,«c’est pas gagné», lâche l’adjointe.

(Libération du 17 février 2014 )

Résumez l'article 



Les dialectes italiens
Autrefois , en Italie des dialectes diversifiés, propres à certaines zones géographiques, étaient souvent la seule langue parlée. Cependant, ces dialectes régionaux sont encore aujourd'hui plus fréquents que l'italien dans la vie courante et presque incompréhensibles . Ecoutez  cette belle chanson  de Fabrizio De André que  Luciano Ligabue a interprétée il y a quelques jours au Festival de la Chanson Italienne . Vivement les sous-titres…. !





mercredi 12 février 2014

Jacques Brel

Jacques Brel nous a quittés (…) en 1978 . Depuis, ses chansons, comme 'Ne me quitte pas', 'Amsterdam', 'Ces gens-là', 'Mathilde' ou 'Les vieux', sont devenues des monuments du patrimoine francophone. 
"Les hommes prudents sont des infirmes." Cette phrase de Jacques Brel, dont a été célébré le 9 octobre 2008 le 30e anniversaire de la mort, résume le parcours de celui qui reste l'un des plus grands noms de la chanson francophone et le modèle de l'artiste excessif sur scène. 
'Ne me quitte pas', 'Amsterdam', 'Ces gens-là', 'Mathilde', 'Les vieux'... Brel, ce sont d'abord des chansons devenues des monuments du patrimoine francophone et dont les textes frappent encore aujourd'hui par leur justesse et leur violence.
Brel, c'est aussi une image. Celle d'un artiste qui se donnait sur scène, comme si sa vie en dépendait, et habitait ses personnages, gestes théâtraux et visage en sueur. Il a marqué son époque et les suivantes. De jeunes artistes se réclament aujourd'hui de son influence, tel le rappeur Abd al Malik qui travaille avec son ancien pianiste (et mari de Juliette Gréco), Gérard Jouannest.
Le chanteur belge est mort le 9 octobre 1978 à 49 ans d'un cancer du poumon à Bobigny, près de Paris. Il avait regagné la métropole l'été précédent depuis la Polynésie, suivant enfin l'avis des médecins.
Il avait arrêté la scène le 16 mai 1967 à Roubaix (nord de France), mais il était toujours très populaire. Depuis, Brel s'était établi aux îles Marquises (dans l'océan Pacifique). Son public lui est toujours resté fidèle. À l'automne 1977, après 11 ans de silence discographique, il avait enregistré un dernier album. Le disque 'Les Marquises' paraît le 17 novembre, avec un record d'un million de précommandes. Dans l'heure qui suit la mise en vente, plus de 300 000 disques sont déjà vendus.
Né Jacques Romain Georges Brel le 8 avril 1929 à Schaerbeek (Belgique), ce fils de la bourgeoisie de Bruxelles, passionné par la musique, n'est pas un bon élève et il quitte l'école assez tôt. Ses parents lui proposent alors un emploi dans l'entreprise familiale. Mais ce poste d'employé n'est pas sa tasse de thé et à la vingtaine passée il abandonne l'entreprise pour tenter sa chance dans les cabarets.
Il débute à 'La Rose Noire' en 1952 puis enregistre un disque chez Philips-Bruxelles. En 1953, sur les conseils du producteur parisien Jacques Canetti, Jacques participe au festival de Knokke-le-Zoute. Il s'y classe… dernier.
Le vent tourne lorsque Juliette Gréco accepte de chanter sa chanson 'Ça va (le diable)'. En juillet 1954, Jacques Brel assure la première partie du spectacle de Billy Eckstine et Damia à l'Olympia, à Paris. Un critique commente: "Il écrit de belles chansons, le regrettable est qu'il veut les interpréter lui-même". En septembre 1956, premier succès avec 'Quand on n'a que l'amour'.

En septembre 1959, il sort un disque où figurent trois grands classiques: 'Ne me quitte pas', 'La valse à mille temps' et 'Les Flamandes'. À la fin de l'année, il est tête d'affiche à Bobino.
Dans les années 60, Brel passe son temps en tournée: 250 à 300 galas par an. Il ne cèdera jamais à la tradition du rappel. Ou plutôt si… il le fera à deux reprises. Une première fois à Moscou, où on lui fait comprendre que le public prendrait son refus comme un affront. Une deuxième fois après son dernier spectacle. Les applaudissements du public ont duré presque une demi-heure et Jacques, en peignoir de bain et visiblement très ému, est retourné plusieurs fois sur scène pour saluer et remercier son public si bien aimé. 
À l'été 1966, sa décision d'arrêter est prise. Il ne l'annoncera que lors de ses adieux à l'Olympia, le 1er novembre.
Passionné de bateaux et d'avions, Brel fait aussi du cinéma, comme acteur ('L'emmerdeur' d'Édouard Molinaro, avec Lino Ventura, en 1973, sera son plus gros succès) et réalisateur ('Franz' et 'Le Far West'). S'il remonte sur les planches le 4 octobre 1968 à Bruxelles, c'est pour se glisser dans la peau de Don Quichotte, dans 'L'homme de la Mancha', spectacle musical ensuite monté à Paris.
À l'automne 1974, alors qu'il entreprend la traversée de l'Atlantique en bateau, les médecins diagnostiquent le cancer qui l'emportera après quatre ans de lutte. Il est enterré le 14 octobre 1978 au cimetière d'Atuona aux Marquises, non loin de la tombe de Paul Gauguin.
 Source: Linternaute.com

 Questions

      1.    Quand et où Jacques Brel est-il né? Quand, où et de quoi l'artiste est-il mort?
      2.    Quand et où Jacques Brel s'est-il produit sur scène pour la dernière fois? Où s'est-il installé après?
      3.    À quel milieu social les parents de Jacques Brel appartenaient-ils? Jacques se sentait-il vraiment heureux dans ce milieu? Quelle était sa vraie vocation?
      4.    "Le disque 'Les Marquises' paraît le 17 novembre…" Comment expliquer le choix du titre de cet album?
      5.    Le début de la carrière du jeune artiste n'est pas du tout un grand succès. Où et quand a-t-il débuté? Comment les choses se sont-elles passées?
      6.    Où, quand et dans quelles circonstances peut-on dire que Jacques Brel a connu le succès pour la première fois?
      7.    Brel n'a jamais cédé aux 'rappels' du public, sauf… D'après le texte, combien de fois a-t-il fait exception? Et dans quelles circonstances?
      8.    "Son public lui est toujours resté fidèle." Dans le texte, cherchez un exemple qui prouve cette fidélité.
      9.    Dans quel film Jacques Brel a-t-il connu son plus grand succès comme acteur? Qui avait réalisé ce film? Quel autre grand acteur y a joué aux côtés de Brel?
  10.    Brel a également essayé le musical. Dans quel spectacle s'est-il produit en 1968?

mercredi 22 janvier 2014

La presse


La presse, la télévision, la radio et, plus récemment Internet, sont des moyens de diffusion de l'actualité très présents dans le quotidien des Français. Malgré l'apparition de journaux en ligne et de l'accès gratuit à la presse par Internet, la presse écrite en France est très développée et encore très populaire à travers les journaux et les magazines. Comment peut-on différencier un journal d'un magazine, les journaux nationaux des régionaux et faire la distinction entre un quotidien, un hebdomadaire, un mensuel etc.?

Quelles sont les différences entre un journal et un magazine ?

On peut faire la différence entre un journal et un magazine par leur présentation. Tout d'abord, les codes de la couverture d'un journal, que l'on appelle la Une, doivent être tous les jours identiques dans les grandes lignes , en ce qui concerne la couleur, la police
du nom du journal et des gros titres, afin que le passant qui l'achète en kiosque puisse l'identifier d'un rapide coup d'œil. A l'inverse, un magazine est plus libre de varier les couleurs et l'organisation de sa couverture. La qualité du papier est également différente. Le papier d'un magazine est glacé, c'est-à-dire qu'il est d'une qualité supérieure à celle d'un journal dont la texture ressemble à du papier recyclé. Les pages d'un magazine sont reliées alors que les feuilles d'un journal sont libres, voire agrafées. Un magazine est souvent plus épais et les articles sont illustrés par des photos prises lors d'un reportage. En général, les journaux sont des quotidiens, alors que les magazines sont des périodiques. Il existe des magazines hebdomadaires, mensuels, trimestriels4 etc.

Le contenu varie également entre un journal et un magazine. Un journal traite de l'actualité dans tous les domaines. On y trouve des articles sur la politique intérieure, nationale et internationale, des articles de société, d'économie, des critiques artistiques, l'actualité sportive, les loisirs… tous ces articles ayant un lien avec un événement arrivé récemment. Il existe de nombreux journaux, et en général, on choisit le journal qu'on lit régulièrement en fonction de ses choix politiques. Les principaux journaux -dits de gauche- sont Libération et L'HumanitéLe Monde est considéré centre-gauche ; Le Figaro, France-Soir et Le Parisien sont des journaux de droite. 
Contrairement au journal et bien qu'ancré
7 dans l'actualité, un magazine développe des thématiques. Ainsi, un magazine tel que Vogue traite en détail de la mode vestimentaire ; le magazine Studio parle des films à l'affiche mais fait aussi des reportages sur des tournages, des acteurs ... Cependant, un magazine peut cibler un type de public précis, par exemple les magazines féminins, tels que Cosmopolitan ou Elleet ainsi traiter des thèmes divers au sein d'un même magazine. Il y a aussi ce qu'on appelle la presse à sensations, avec un magazine tel que Paris Match, par exemple. On parle même de " presse people" pour un magazine comme Voici, entre autres. 

Parfois, la frontière entre journal et magazine est assez floue. Si l'on prend le cas de L'Equipe, ce journal est un quotidien qui traite exclusivement de l'actualité sportive et qui propose en supplément un magazine le dimanche. Charlie Hebdo est un journal hebdomadaire dans le sens qu'il est publié sur du papier recyclé, que ce n'est pas un quotidien comme la grande majorité des journaux et qu'il traite de façon polémique
l'actualité politique et économique. 

Quelle est la différence entre un journal national et un journal régional ? 

Un journal national couvre l'actualité de la politique intérieure française, de la politique internationale, de l'économie nationale et internationale, de la finance (les cours des différentes bourses mondiales etc.), des relations entre la France et les pays étrangers. On trouve aussi des rubriques Arts, Sports, et la rubriqueDétente qui comprend des jeux, l'horoscope etc. Les principaux journaux nationaux français sont Le Monde, Libération, Le Figaro, France Soir etc. Chaque journal se distingue par son orientation politique. Lesjournaux gratuits sont de plus en plus nombreux. Les plus connus sont 20 minutes, Métro et Direct Matin. Il y a toutefois un clivage
 entre les personnes qui privilégient la presse payante -qu'ils considèrent de meilleure qualité- et celles qui apprécient l'approche basique de l'actualité offerte par les journaux gratuits.

Un journal régional traite autant de l'actualité de la France que de l'actualité de sa région. Toutefois, l'actualité locale est bien plus détaillée. Les principaux journaux régionaux en France sont Le Dauphiné-Libéré, Le Progrès de Lyon, Ouest-France, Nice-Matin etc. 

Prenons par exemple Nice-Matin, qui est le principal journal de la région de Nice. On trouve des rubriques telles que France, avec des articles couvrant l'actualité politique et économique nationale, Nice et sa région, rubrique dans laquelle on trouve l'actualité politique et économique locale, les faits-divers, c'est-à-dire, des événements comme les cambriolages, les incendies, les crimes qui n'ont d'intérêt que pour les personnes de la région et n'ont pas de conséquences directes sur la vie politique nationale. On trouve aussi les pages Détente, Sports avec un accent mis sur les résultats de sport des équipes locales.



samedi 18 janvier 2014

Louis Braille : l’inventeur d’une écriture pour les aveugles


Il est né à Coupvray, un petit village qui n’est pas tellement loin de Paris, dans l’Île-de-France, et il est né dans une famille de bourreliers. Il est un enfant qui va à l’école du village, qui, quand il rentre à la maison, s’amuse dans l’atelier de son père et, à l’âge de trois ou quatre ans, il se saisit d’un poinçon, il veut essayer de faire un trou dans une plaque de cuir, à ce moment-là, il dérape et il se perfore un œil. Alors la perforation d’un œil, en 1812, c’était quasiment la perte de l’œil. Il se crée une infection sur l’œil perforé et se produit, ce qui était plus fréquent autrefois qu’actuellement, mais que l’on connaît bien, une atteinte du second œil. Après quelques mois, cet enfant devient d’abord un très grand handicapé visuel, puis un aveugle complet.

C’était un enfant intelligent, on décide de l’envoyer à Valentin Haüy (fondateur en 1784, à Paris, de la
première école pour les aveugles, devenue depuis l’Institut national des jeunes aveugles) , à Paris, où il entre, il a dix ans.

Là, il va y montrer des dispositions tout à fait particulières. On dit que c’est quand il était chez lui, pendant les périodes de vacances, qu’il prenait des feuilles de papier sur ses genoux et que, dans le village, sous les arbres, à l’ombre du soleil, on le voyait toujours avec une petite aiguille et du papier sur ses genoux et on l’appelait le picoteur. Il faisait donc du picotage et son picotage, c’était quoi ?
Et bien, il avait une idée, ce petit garçon. Il se disait « Moi, ce que je ne veux pas représenter, ce sont des sons. Je veux qu’on lise avec le doigt », donc qu’on lise des lettres avec le doigt. Et ce qu’il a expérimenté pendant son adolescence, c’est comment le doigt ne pouvait pas se tromper dans la reconnaissance des lettres à la sensibilité de la pulpe, savoir quelle devait être la dimension de la case, quel était le nombre de points, quelle était la saillie des points et il a procédé par élimination et il a réussi à constituer un alphabet parfaitement perçu par la pulpe du doigt et perçu par quiconque à qui on l’apprenait.

Et ça ne sera qu’à la fin du siècle que finalement la méthode de Braille deviendra une méthode universelle, s’attachant à toutes les disciplines, les mathématiques, la physique et toutes les langues, aussi bien les langues asiatiques que l’arabe, etc., et maintenant tous les pays du monde conservent encore le braille. Alors, évidemment, maintenant le braille coexiste avec les méthodes modernes, les méthodes bien sûr d’enregistrement, d’informatique, etc., mais le braille a intégré l’informatique dans ses méthodes et vous voyez maintenant des aveugles qui ont une vie intellectuelle aussi vive, aussi dynamique que des gens voyants.



Expliquez les mots soulignés .
Dans quelles circonstances le jeune Louis Braille a-t-il perdu la vue ?
Qu’est-ce qui explique que Louis Braille ait intégré l’école de Valentin Haüy ?
Comment surnommait-on Louis Braille dans son village ? Qu’est-ce qui lui a valu ce surnom ?
Quelle idée originale a eu Louis Braille ?
Quel est le principe de l’alphabet braille ?
En quoi peut-on dire que cette méthode est universelle et reste d’actualité ?
En quoi l’invention de Louis Braille est-elle fondamentale ? En quoi a-t-elle permis l’intégration des aveugles dans notre société ?





dimanche 5 janvier 2014

La culture apporte 3,2% de la richesse nationale française


La culture en France contribue à hauteur de 3,2% à la richesse nationale (PIB), représentant 58 milliards d'euros de valeur ajoutée, presque autant que l'agriculture et les industries alimentaires, souligne une étude conjointe des ministères de l'Economie et de la Culture.
Elle emploie 670.000 personnes, soit 2,5% de l'emploi total du pays, selon cette enquête réalisée par l'Inspection générale des finances et l'Inspection générale des affaires culturelles, publiée vendredi.
"Le fait d'avoir une approche commune des deux ministères, avec une base statistique incontestable, nous a paru très important" pour faire reconnaître le poids économique de la culture, souligne-t-on au cabinet de la ministre de la Culture Aurélie Filippetti. L'idée était de calculer une sorte de "PIB culturel".
Le périmètre retenu par l'étude englobe le spectacle vivant, le patrimoine, les arts visuels, la presse, le livre, l'audiovisuel, la publicité, l'architecture, le cinéma, les industries de l'image et du son, ainsi que "l'accès aux savoirs et à la culture" (bibliothèques, archives...).
Toutes ces activités culturelles ont représenté en 2011 une valeur ajoutée de 57,8 milliards d'euros. Soit l'équivalent en valeur ajoutée du secteur agricole et agroalimentaire (60,4 milliards), deux fois celui des télécommunications (25,5 milliards), sept fois celui de l’industrie automobile (8,6 milliards).
Le spectacle vivant représente 8,8 milliards d'euros et le patrimoine 8,1 milliards. Les arts visuels et la presse génèrent chacun 5,7 milliards de valeur ajoutée. Viennent ensuite le livre (5,5), l'audiovisuel et la publicité (5,1 milliards chacun), l'architecture (4,4), le cinéma (3,6), les industries de l'image et du son (3,4), l'accès au savoir et à la culture (2,3).
La part de la culture dans la valeur ajoutée a régulièrement augmenté entre 1995 et 2005, date à laquelle elle atteignait 3,5%. Mais depuis, elle a reculé de 0,3 point.
Cette érosion, en pleine transition numérique, a diverses origines: évolution des marges, effondrement du marché du disque, mutations des lectorats, crise économique. Mais aussi la "captation" d'une part de la valeur ajoutée par les plateformes numériques (Apple, Google, Amazon...) chargées de l'intermédiation entre les créateurs et les consommateurs. "Elles se retrouvent en position de force pour attirer les ressources publicitaires et pour imposer leurs conditions aux créateurs", souligne l'étude.
"Cela conforte nos réflexions sur l'acte II de l'exception culturelle", qui consiste à faire évoluer les outils de la politique culturelle à l'heure du numérique, relève-t-on au cabinet de la ministre.
L'Etat dépense 13,9 milliards
L'emploi culturel se concentre dans le spectacle vivant (150.000 emplois), la publicité (100.000) et la presse (87.000).
Les résultats de l'étude "justifient l'intérêt que l'Etat porte à ce secteur", fait valoir le cabinet de la ministre.
L'intervention de l'Etat dans le domaine de la culture et de la communication s'établit à 13,9 milliards d'euros (11,6 milliards de crédits budgétaires, 1,4 milliard de dépenses fiscales et 0,9 milliard de taxes affectées à différents organismes de redistribution).
De son côté, l'effort des collectivités territoriales en faveur de la culture (dont une partie vient de l'Etat) est de 7,6 milliards environ.
"On parle beaucoup du poids nouveau des collectivités dans la culture mais l'Etat reste l'acteur principal", souligne le cabinet.
L'audiovisuel est le secteur qui capte le plus de soutien de l'Etat (5,5 milliards), notamment grâce à la redevance.
Les secteurs les moins aidés sont les industries de l'image et du son, l'architecture, le livre, les arts visuels.
Le rapport établit en outre "une corrélation positive" entre la présence d'une implantation culturelle et le développement socio-économique d'un territoire.
En novembre, une autre étude, menée par le cabinet privé EY, avait évalué le chiffre d'affaires direct des industries culturelles et créatives (ICC) à 61,4 milliards d'euros.

RESUMEZ EN QUELQUES LIGNES


samedi 28 décembre 2013

Connaissez-vous le couscous?


  1. Quel est le plat préféré des Français? 
  2. En quelle position arrive le Coucous? 
  3. Quels autre plats sont mentionnés? ( les connaissez-vous ? )
  4. Le Coucous est-il un plat français? 
  5. Dans quels lieux peut-on le trouver ?
  6. Qu'est-ce qu'un Allo-Couscous, selon-vous?
  7. Si l'on dit que c'est un délice oriental, qu'est-ce que cela signifie? De quelle partie du monde vient-il ? Ce plat est associé à quelle langue?
  8. Avec quelle partie du corps roule-t-on la semoule?
  9.  De quoi se compose le Couscous?
  10. En quelle année a-t-on découvert ce plat?
  11. A quelle période de l'histoire le Coucous s'est-il implanté en France?
  12. Quelle viande est utilisée dans les écoles pour faire du Couscous?
  13. Est-il aussi servi lors de la fete nationale française? 
  14. Pourquoi le Coucous plait-il autant?
  15. Pourquoi dit-on, selon-vous, que le feu est animé par la Harissa? 


samedi 2 novembre 2013

Ce que nous racontent les murs des prisons françaises

Un ouvrage dévoile les richesses du patrimoine pénitentiaire français, qui en dit long sur les talents et états d'âme des détenus.

Mettons un instant entre parenthèses les rapports pointant les effets délétères de la surpopulation carcérale et la vétusté des prisons françaises. Et ouvrons les yeux sur les trésors laissés par des générations de prisonniers sur les murs des centrales et des maisons d'arrêt. Sur tout ce que l'enfermement et la solitude ont été capables de féconder au-delà des graffitis et tags de protestation. Le visage fabuleusement émancipé de ce monde clos est livré dans un album inédit de 400 pages : Prisons : patrimoine de France*.


"La prison dope l'imaginaire"
Son auteur, le magistrat Étienne Madranges, a visité les cellules, jardins, cachots, donjons, lieux de culte, ateliers, souterrains, etc., de plus de 400 édifices pénitentiaires et immortalisé chaque parcelle du patrimoine artistique découvert, aussi immense que méconnu. "En regardant les 60 000 clichés pris lors de mes visites, je me suis rendu compte que les prisons n'étaient pas seulement des lieux de sanction et de réinsertion, des lieux de souffrance et d'espoir, des parloirs, des cellules et des ateliers, mais aussi des lieux de grande créativité, d'imagination artistique, d'épanouissement intellectuel même", témoigne l'auteur. Après tout, pourquoi l'imaginaire serait-il plus limité ici qu'ailleurs ? "Les détenus n'ont rien d'autre pour les distraire que cette invitation à développer leur art. Paradoxalement, la prison dope leur imaginaire, c'est un lieu de découverte de ses talents artistiques", décrypte Étienne Madranges.
Ce fut même, pour certains détenus, artistes sans le savoir, un tremplin vers une carrière internationale. Mais ces graines d'artistes ne façonneraient pas de tels trésors sans "le formidable investissement de l'ensemble du personnel d'encadrement, des surveillants aux professeurs d'art plastique en passant par les travailleurs sociaux", relève le magistrat. "En faisant ce livre, c'est un hommage que je rends à l'administration pénitentiaire qui rend possible une telle créativité artistique."
À commencer par l'art plastique, avec l'arbre de poésie de Château-Thierry, les magnifiques voiliers décorant un mur de la prison de Fresnes, ou encore les fresques recouvrant les murs extérieurs de la maison d'arrêt de Valenciennes qui, explique l'auteur, "symbolisent l'image de la prison dans la cité". D'autres facettes de l'art plastique se reflètent dans les œuvres street art des couloirs d'établissements pour mineurs ou dans l'assemblage improbable de personnages imaginaires.
Colombes, femmes et humour
Les calendriers et autres signes de comptage des jours qui s'égrènent reflètent les angoisses face au temps qui passe. Des bustes de femme, pudiques et délicats, traduisent le manque affectif ou, peut-être, une invitation au rêve... Les ciels profonds et les colombes en plein vol, la mer et son horizon flirtent avec l'idée d'évasion ou, peut-être, de transcendance. Certains détenus singent leur condition par l'humour teinté d'imaginaire comme ce lapin gendarme qui emmène un lapin détenu dans une cellule.
Parmi les réalisations artistiques les plus surprenantes, Étienne Madranges a déniché une incroyable sculpture faite à l'aide de clés (de prison), œuvre d'un surveillant mais aussi alchimiste dans l'âme pour oser transmuter le symbole même de l'enfermement en outil de créativité. L'art floral a aussi ses oeuvres très réussies comme les fresques naturelles du jardin de la prison de Saint-Maur ou le musée du bonzaï de Muret.
On a aussi envie de croire que le langage universel de l'art dans la prison crée des passerelles entre les âmes. Ainsi, l'auteur rapporte une anecdote éloquente et pleine d'espoir : "Dans la salle multiconfessionnelle de la prison de Pontoise où chrétiens, musulmans et juifs s'adonnent à leur culte, le tapis de prière a été financé grâce aux dons des paroissiens de la commune voisine. L'emprisonnement favorise le rapprochement œcuménique", sourit l'auteur.
Casser sa pipe
Un chapitre de l'ouvrage est consacré aux anciennes prisons transformées en écoles, en bibliothèques (le plus bel exemple étant Coulommiers), en musées (Nantua ou Fontainebleau), en restaurants (Thionville) et même en "cachots d'hôtes" (en plein cœur de Blois), un lieu idéal pour ceux qui veulent séjourner dans les entrailles du pénitentiaire...
Dans le chapitre "Des prisons musées" qui foisonne d'objets illustrant la vie et la tenue des anciens détenus, on découvre des pipes rompues, en référence à cette dernière pipe que le condamné à mort savourait avant de trépasser. Telle est l'origine de l'expression "casser sa pipe"...
De l'immortalisation de ce "formidable patrimoine national", l'homme et le magistrat se sont trouvés enrichis. "Sur le plan professionnel, cela m'a appris à mieux comprendre l'évolution de personnes enfermées, c'est une façon de les suivre au-delà de leur peine. Le juge ne peut se désintéresser du sort de celui qui a été puni." Autre source d'enrichissement, celle tirée du "constat qu'il peut y avoir une réinsertion et une prise en charge efficace des détenus dans le domaine de l'art". Quant à l'homme Étienne Madranges, il a éprouvé "beaucoup d'émotion devant les graffitis de détenus qui pensaient à leur bien-aimée ou s'en remettaient à leur foi à l'époque où la prison était un lieu d'élimination". Et il a aussi admiré les "ressources dont a fait preuve un détenu qui, faute de pouvoir peindre au couteau, a utilisé des cartes téléphoniques pour exercer son art". Comme quoi, la puissance de la création transcende les interdits et les contingences de la vie.
Le Point.fr du 2 novembre 2013 - Par 



dimanche 20 octobre 2013

20 octobre 1671. Colbert expédie 800 jeunes vierges (ou pas...) aux colons de la Nouvelle-France


Faute de femmes, la colonie française au Canada dépérit. Le nouvel intendant du roi, Jean Talon, réclame des épouses au roi de France.

Où sont les femmes ? clame Patrick Juvet. C'est exactement la question que se pose à son arrivée en Nouvelle-France le nouvel intendant du roi, Jean Talon. Où sont les femmes absolument nécessaires pour faire prospérer la jeune colonie française sur les rives du Saint-Laurent ? Il recense une femme nubile pour sept trappeurs affamés. Les compagnies privées qui géraient jusque-là la colonie n'ont pas fait grand-chose pour assurer le bien-être sexuel et marital de leurs trappeurs. À peine si la colonie compte une dizaine de femmes de plus par an. Bref, pour prospérer, la Nouvelle-France sur les rives du Saint-Laurent a un besoin urgent de bonnes reproductrices capables d'enfanter à la cadence infernale d'une Thérèse Dion. 
En 1663, quand la colonie passe sous administration royale, Colbert décide de remédier à ce manque de femmes. Ce n'est pas les jeunes célibataires qui manquent dans le royaume de France. Avec Jean Talon, il monte une efficace "traite des blanches" entre le pays et la colonie. De 1663 à 1673, pas moins de 800 jeunes femmes entre 12 et 30 ans acceptent l'aventure au pays des Iroquois. On les appelle les "filles du Roi". Pour inciter au mariage, Jean Talon publie le 20 octobre 1671 une ordonnance stipulant que tous les jeunes hommes célibataires devaient marier une jeune fille venue de France, sans quoi ils perdaient leur droit de pêcher, de chasser et d'échanger des fourrures.

Petite noblesse

Qui est cette chair fraîche ? Pour l'essentiel, des orphelines ou des jeunes filles abandonnées à l'hospice par des parents n'ayant pas les moyens de leur octroyer une dot de mariage. La majorité provient d'institutions religieuses. Les villes côtières comme Dieppe, Honfleur ou La Rochelle fournissent un important contingent, cependant une bonne moitié du "troupeau" vient de la capitale. En particulier de l'hospice de la Salpêtrière, qui, à l'époque, servait d'abri à quelque 3 000 indigentes, orphelines, mendiantes et même prostituées ramassées sur le pavé parisien. Attention, la sélection des" filles du Roi" n'a rien à voir avec les rafles de prostituées qui se pratiqueront quelques décennies plus tard pour coloniser les Antilles et le Mississippi. Les jeunes femmes destinées à la Nouvelle-France sont recrutées parmi les indigentes honnêtes, ayant de la religion et capables d'enfanter. Pour éviter de se faire refiler de vieux rossignols provenant de chez Madame Claude, Jean Talon envoie deux matrones de Nouvelle-France chargées d'écarter les brebis galeuses. Elles ont la consigne de les choisir jeunes, en bonne santé, "pas trop contrefaites", "dégourdies", vaillantes, de bonnes mœurs et... célibataires.
Pour certaines de ces jeunes filles, c'est l'occasion inespérée de se marier, d'avoir des enfants et de ne pas finir ses jours dans un hospice ou un bordel. Parmi les filles du Roi, on compte également une cinquantaine de femmes de la petite noblesse destinées aux officiers ayant décidé de faire souche en Nouvelle-France. Zahia, qui a posé sa candidature, a été recalée. Pour inciter ces "épouseuses" à entreprendre ce voyage en Nouvelle-France, Louis XIV prend à sa charge les frais de transport, qui se montent à une centaine de livres par fille. Il les dote aussi de 50 livres, en espèces ou en articles ménagers. En outre, chaque fille du Roi reçoit une cassette fermant à clef contenant "une coiffe de taffetas, une coiffe de gaze, une ceinture, des cordons de soulier, 100 aiguilles, un étui et un dé, un peigne, du fil blanc et gris, une paire de bas, une paire de souliers, une paire de gants, une paire de ciseaux, deux couteaux, un millier d'épingles, un bonnet, quatre lacets de fil, des toiles pour faire des mouchoirs, cols, cornettes et manches plissées". Et pas question de revenir quelque temps plus tard dans la métropole. Tous les chemins ne mènent pas au Rom...

Allocations familiales

Le trajet entre Paris et Québec prend plusieurs mois. La traversée de l'Atlantique est éprouvante pour des citadines mal nourries. Elles vivent un calvaire, entassées dans la Sainte-Barbe à proximité des porcs, vaches et chevaux envoyés dans la colonie. Elles sont nourries comme les matelots de biscuits salés, de lard et de morue séchés. Quand elles ne souffrent pas du mal de mer, elles sympathisent, créent des liens d'amitié qui dureront toute leur vie. Quelques-unes meurent en route. Sur le point d'arriver, les survivantes enfilent leur plus belle robe, anxieuses des hommes qu'elles vont trouver. Sur le quai, Karine Le Marchand les attend avec de beaux trappeurs endimanchés. Témoignage de l'époque : "Les voici qui se pressent sur le pont, les unes contre les autres, comme un bouquet qu'on a ficelé serré... Il s'agit de savoir, avant même d'avoir distingué leurs visages, si elles sont modestes et bien soignées de leur personne."
Mais pas question de laisser les célibataires sauter sur ces dames. L'intendant Jean Talon commence par installer les candidates chez des religieuses, des veuves ou des familles de bonne réputation. Elles y sont logées et nourries jusqu'à leur mariage devant notaire. Les jeunes filles comprennent vite qu'il leur faut faire le bon choix. Pas question de se lier à un "sauvage" courant les bois toute la sainte journée. Line Renaud leur recommande de faire porter leur choix sur les prétendants ayant pris soin de bâtir une cabane avant leur arrivée. Si elles ne sont pas satisfaites de leur époux, elles ont le droit d'annuler le contrat de mariage pour choisir un deuxième prétendant, et même parfois un troisième. Le mariage religieux se déroule à Notre-Dame de Québec. En général, elles sont mariées dans les six mois après leur débarquement. Aux jeunes hommes de moins de 20 ans qui se marient, Talon remet 20 livres.
Mariées, les jeunes épouses ne doivent pas chômer. Talon les encourage à pondre un nouvel enfant chaque année. Il invente les allocations familiales : 300 livres annuelles pour les familles de plus de dix enfants, et 400 livres pour celles qui font le grand chelem avec douze enfants. C'est ainsi qu'en 1673 l'intendant peut annoncer à Colbert entre 600 et 700 naissances dans la colonie. Mais Talon tourne les talons la même année, il retourne en France. Colbert, jugeant la colonie bien partie, préfère employer l'argent du roi à financer la guerre contre la Hollande. Ainsi prend fin la migration des filles du Roi. Bénies soient-elles : sans elles, il n'y aurait eu ni Céline ni Garou.
(Le point.fr du 20 octobre 2013 -  par F. Lewino et G. Dos Santos ) 


mardi 1 octobre 2013

Entre les murs



Quel objet est discuté en classe au debut de la  bande-annonce?

Au quel temps appartient la forme  "je fusse"?

Quel infinitif correspond à cette  ?

Pourquoi les élèves discutent-ils avec leur prof à propos de cette forme?

De quoi les élèves accusent-ils leur prof?

A quel niveau social les élèves de cette classe appartiennent-ils?


mercredi 25 septembre 2013

Versailles




Regardez les deux vidéos et résumez leur contenu.