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lundi 18 mars 2013

La peste ( Albert Camus )


La Peste est publié en 1947 et vaut à Albert Camus son premier grand succès de librairie : 161 000 exemplaires vendus dans les deux premières années. Ce roman s'est vendu, depuis, à plus de 5 millions d'exemplaires , toutes éditions françaises confondues.
La Peste est bâti comme une tragédie en cinq actes. L'action se situe en avril 194. à Oran,  une ville "fermée" qui "tourne le dos à la mer".
Première partie
Oran, un jour d'avril 194. , le docteur Rieux découvre le cadavre d'un rat sur son palier. Le concierge, monsieur Michel, pense que ce sont des mauvais plaisants qui s'amusent à déposer ces cadavres de rats dans son immeuble. A midi, Rieux accompagne à la gare son épouse qui, malade, part se soigner dans une ville voisine. Quelques jours plus tard, une agence de presse annonce que plus de six mille rats ont été ramassés le jour même. L'angoisse s'accroît . Quelques personnes commencent à émettre quelques récriminations contre la municipalité. Puis , soudainement, le nombre de cadavres diminue, le rues retrouvent leur propreté, la ville se croit sauvée.
Monsieur Michel, le concierge de l'immeuble de Rieux, tombe malade . Le docteur Rieux essaye de le soigner. Sa maladie s'aggrave rapidement. Rieux ne peut rien faire pour le sauver. Le concierge succombe à un mal violent et mystérieux.
Rieux est sollicité par Grand, un employé de la mairie. Il vient d'empêcher un certain Cottard de se suicider. Les morts se multiplient. Rieux consulte ses confrères. Le vieux Castel, l'un d'eux, confirme ses soupçons : il s'agit bien de la peste. Après bien des réticences et des tracasseries administratives, Rieux parvient à ce que les autorités prennent conscience de l'épidémie et se décident à "fermer" la ville.
Deuxième partie
La ville s'installe peu à peu dans l'isolement. L'enfermement et la peur modifient les comportements collectifs et individuels : " la peste fut notre affaire à tous" , note le narrateur.
Les habitants doivent composer avec l'isolement aussi bien à l'extérieur de la ville qu'à l'intérieur. Ils éprouvent des difficultés à communiquer avec leurs parents ou leurs amis qui sont à l'extérieur. Fin juin, Rambert, un journaliste parisien séparé de sa compagne , demande en vain l'appui de Rieux pour regagner Paris. Cottard, qui avait, en avril, pour des raisons inconnues tenté de se suicider , semble éprouver une malsaine satisfaction dans le malheur de ses concitoyens. Les habitants d'Oran tentent de compenser les difficultés de la séquestration , en s'abandonnant à des plaisirs matériels. Grand , employé de la mairie, se concentre sur l'écriture d'un livre dont il réécrit sans cesse la première phrase. Le père Paneloux fait du fléau l'instrument du châtiment divin et appelle ses fidèles à méditer sur cette punition adressée à des hommes privés de tout esprit de charité.
Tarrou, fils d'un procureur et étranger à la ville, tient dans ses carnets sa propre chronique de l'épidémie . Lui ne croit qu'en l'homme . Il fait preuve d'un courage ordinaire et se met à disposition de Rieux pour organiser le service sanitaire. Rambert les rejoint.
Troisième partie
C'est l'été, la tension monte et l'épidémie redouble. Il y a tellement de victimes qu'il faut à la hâte les jeter dans la fosse commune , comme des animaux. La ville est obligée de réprimer des soulèvements et les pillages. Les habitants semblent résignés . Ils donnent l'impression d'avoir perdu leurs souvenirs et leur espoir . Ils n'ont plus d'illusion et se contentent d'attendre...
Quatrième partie
Cette partie se déroule de septembre à décembre. Rambert a eu l'opportunité de quitter la ville , mais il renonce à partir. Il est décidé à lutter jusqu'au bout aux côtés de Rieux et de Tarrou. L'agonie d'un jeune enfant, le fils du juge Othon et les souffrances qu'éprouvent ce jeune innocent ébranlent Rieux et troublent les certitudes de l'abbé Paneloux. L'abbé se retranche dans la solitude de sa foi, et meurt sans avoir sollicité de médecin, en serrant fiévreusement contre lui un crucifix. Tarrou et Rieux , connaissent un moment de communion amicale en prenant un bain d'automne dans la mer . A Noël, Grand tombe malade et on le croit perdu. Mais , il guérit sous l'effet d'un nouveau sérum. Des rats, réapparaissent à nouveau, vivants.
Cinquième partie
C'est le mois de janvier et le fléau régresse. Il fait pourtant de dernières victimes : Othon, puis Tarrou qui meurt, serein au domicile de Rieux . Il confie ses carnets au docteur. Depuis que l'on a annoncé la régression du mal, l'attitude de Cottard a changé. Il est arrêté par la police après une crise de démence
Un télégramme arrive chez Rieux : sa femme est morte.
A l'aube d'une belle matinée de février, les portes de la ville s'ouvrent enfin . Les habitants, libérés savourent mais ils n'oublient pas cette épreuve "qui les a confrontés à l'absurdité de leur existence et à la précarité de la condition humaine."
On apprend l'identité du narrateur : C'est Rieux qui a voulu relater ces événements avec la plus grande objectivité possible. Il sait que le virus de la peste peut revenir un jour et appelle à la vigilance.

mercredi 19 septembre 2012

Les Ritals


Dans ce livre, Cavanna retrace son enfance de fils de Rital (nom argotique donné aux immigrés italiens) dans les rues de Nogent-sur-Marne où il a fait les 400 coups. Les différents chapitres de ce livre évoquent le fort de Nogent, la zone, lieu de construction privilégié des cabanes, les histoires de son père, sa fugue à quatorze ans et ses premières expériences.
Tout au long du livre, plus que de Ritals, Cavanna parle de son père et de ses conseils, transcrivant phonétiquement l'accent italien.
Récit d'enfance donc, placé dans la bouche du "gosse de ce temps-là revécu par celui qu'il est aujourd'hui, et qui ressent tellement fort l'instant qu'il revit qu'il ne peut pas imaginer l'avoir vécu autrement".
Le fils d'un maçon italien et d'une Morvandelle, qui grandit au milieu des purs Ritals, saute avec eux du temps des gamineries dans celui des jeux de l'adolescence, se paie une fugue et s'en repent, cherche sa place dans un monde soumis aux tentations des chemises rouges, noires ou brunes. Quant aux adultes de cette petite Italie, c'est Vidgeon qui domine tous les autres, Vidgeon planteur de pêchers, fabricant de mètres pliants, donneur de pain à qui en manque : son père.

Extrait 

Les Ritals, on est mal piffés. C’est parce qu’il y en a tellement, par ici. (…) Le genre de vacheries qu’on nous balance :  « Les Ritals, vous êtes bons qu’à jouer de la mandoline ! » (…) « Dans votre pays de paumés, on crève de faim, alors vous êtes bien contents de venir bouffer le pain des Français ! » Pardi. C’est normal, non ? S’ils se laissaient mourir sur leur tas de cailloux, les Ritals, on les traiterait de feignants. Ils vont là où il y a à bouffer. Là où un gars avec deux bras et cœur au ventre a une chance de dégotter un croûton au bout d’une journée de sueur.
Comme étrangers, par ici, y a que les Ritals. Papa m’a dit que dans le Nord c’est plein de Polacks. Des grosses brutes, des vraies bêtes sauvages. Ils arrachent les betteraves, c’est tout ce qu’on peut leur demander, et encore, si t’es pas tout le temps derrière leur cul ils les cassent avec leurs grosses pattes de Polacks, ils salopent tout. Ou alors ils vont dans les mines, piocher le charbon. Mais le bâtiment, ils pourraient pas, c’est trop fin, trop délicat. Faut avoir l’œil juste. Faut penser avec la tête.


lundi 5 décembre 2011

Le Passe-muraille


Le Passe-muraille est une nouvelle de Marcel Aymé publiée en 1943. Elle met en scène « un excellent homme nommé Dutilleul qui possédait le don singulier de passer à travers les murs sans en être incommodé. Il portait un binocle, une petite barbiche noire, et il était employé de troisième classe au ministère de l'Enregistrement. »
Type même du petit bonhomme falot, gris invisible, Monsieur Dutilleul va connaître des aventures parfaitement ahurissantes, découvrir l'amour et perdre son exceptionnel don pour se retrouver prisonnier du mur. Il n'aura que le peintre Eugène Paul et sa guitare pour le consoler de sa solitude.
L'action se déroule rue Norvins, à Montmartre, dans le 18e arrondissement, là où habitait Marcel Aymé. La place Marcel-Aymé, située à l'extrémité de cette rue, abrite une statue réalisée par Jean Marais, représentant le personnage emprisonné dans un mur.



mardi 25 octobre 2011

Le charme de l'eau


Pascalet connaît une enfance paisible à la campagne, dans une petite métairie au milieu des champs bordés de cyprès. Le soir, à la veillée, il entend les grandes personnes parler de la rivière qui coule là-bas, derrière les prés, évoquant les eaux bouillonnantes, les crues et les courants. Pascalet rêve de connaître ce lieu magique qui lui est formellement interdit. "A la rivière mon enfant, lui dit sa mère, il y a des trous morts où l'on se noie, des serpents parmi les roseaux et des Bohémiens sur les rives". Et le petit garçon, pourtant si sage, va désobéir. Profitant d'un voyage de ses parents, il fausse compagnie à sa tante Martine pour une longue escapade. Emerveillé, il découvre les animaux sauvages, la beauté et le calme de la nuit, le chant du rossignol et Gatzo... son cœur s'ouvre à la nature, mais aussi à l'amitié, une amitié forte, et pure comme l'eau de la rivière.

Extrait
(…) Car, tournant le dos au rivage, je ne voyais plus devant moi que la rivière. Elle glissait. Plus loin, en aval, l'île, prise dans les premiers rayons du jour, commençait à sortir des brumes matinales. Peupliers, ormes et bouleaux formaient une masse confuse d'où peu à peu se détachaient de grands pans de feuillages qui prenaient la lumière. A la pointe, un roc bleu émergeait au-dessus de l'eau, qu'il brisait avec violence. Et l'eau bouillonnait de colère. Mais la rive de l'île était si rose et, sous une légère brise, il en venait de tels parfums d'arbres, de plantes et de fleurs sauvages, que j'étais saisi d'émerveillement. De nouveau, comme l'autre soir, entre les arbres monta la fumée. (…)

mercredi 12 octobre 2011

Tintin

Pour faire le portrait de Tintin et de ses amis...



Pour mieux connaitre le monde de Tintin… http://www.tintin.free.fr/





Du 25 octobre au cinéma…





Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne
Réalisé par Steven Spielberg 

Parce qu’il achète la maquette d’un bateau appelé la Licorne, Tintin, un jeune reporter, se retrouve entraîné dans une fantastique aventure à la recherche d’un fabuleux secret. En enquêtant sur une énigme vieille de plusieurs siècles, il contrarie les plans d’Ivan Ivanovitch Sakharine, un homme diabolique convaincu que Tintin a volé un trésor en rapport avec un pirate nommé Rackham le Rouge. Avec l’aide de Milou, son fidèle petit chien blanc, du capitaine Haddock,un vieux loup de mer au mauvais caractère, et de deux policiers maladroits, Dupond et Dupont, Tintin va parcourir la moitié de la planète, et essayer de se montrer plus malin et plus rapide que ses ennemis, tous lancés dans cette course au trésor à la recherche d’une épave engloutie qui semble receler la clé d’une immense fortune… et une redoutable malédiction. De la haute mer aux sables des déserts d’Afrique, Tintin et ses amis vont affronter mille obstacles, risquer leur vie, et prouver que quand on est prêt à prendre tous les risques, rien ne peut vous arrêter…
(allociné.com )





jeudi 6 octobre 2011

Flaubert : Madame Bovary

Autour de 1850, une nouvelle sensibilité autant littéraire que picturale se dessine : il s’agit du réalisme. Tandis que Murger écrit Les Scènes de la vie de Bohème, que Champfleury donne Monsieur de Boisdhyver, Courbet déclenche un véritable scandale avec son tableau Un enterrement à Ornans parce qu’un chien vient entacher le caractère sacré d’une inhumation. Cette évolution avait été préparée par le positivisme scientiste d’un Auguste Comte qui avait permis de réagir contre les excès du sentimentalisme romantique. C’est dans ces conditions que l’histoire personnelle de Flaubert va rejoindre les tendances d’une certaine élite de son temps. Il venait d’écrire La Tentation de Saint Antoine, somptueuse évocation de toutes les hérésies, et avait soumis son ouvrage à l’appréciation de ses amis Du Camp et Bouilhet. Les deux critiques conseillèrent alors à Flaubert de renoncer au lyrisme et de purger son esprit trop imaginatif en se consacrant à une histoire triviale. Sous forme de boutade peut-être, ils lui proposèrent de romancer une aventure sordide qui avait défrayé la chronique de Ry : l’adultère, l’endettement et pour finir, la ruine et le suicide de l’épouse du médecin Delamare. Flaubert allait entreprendre la rédaction de Madame Bovary.


Charles Bovary s'établit à Tostes comme officier de santé, élève médiocre il n'a pas obtenu le doctorat. Il se marie ensuite avec une veuve de 45 ans qu'il exècre.
Apres la mort de sa femme (dont il hérite de la fortune),Charles, lors d'une banale visite, fait la rencontre d'une jeune femme, Emma Rouault, élevée dans un couvent et s'ennuyant à la ferme avec son père. Emma se laisse séduire et se marie avec lui. Marquée au fer rouge par ses lectures romantiques de jeunesse, et nourrissant une vision passionnément lyrique de l'existence, elle se prend à rêver d'une vie en adéquation avec ses aspirations naïves de jeune fille grâce à son mariage.
Mais sa vie en couple dégénère rapidement pour devenir insipide et monotone. Charles, privé d'ambition, ne répond pas à ses attentes d'une vie exaltante. Arrive le bal donné au château de la Vaubyessard, qui marque une étape déterminante dans la vie d'Emma, lui laissant entrevoir les charmes tentateurs d'une vie privilégiée dont elle rêve depuis sa plus prime jeunesse. Cette soirée continuera longtemps de hanter son esprit.
Emma s'ennuie et sombre dans la dépression et Charles, à contrecœur décide de partir à Yonville, alors que Madame Bovary est enceinte. Elle fait la connaissance du pharmacien Homais, archétype du notable de province bouffi d'orgueil et de Léon, un clerc de notaire dont elle éprouve le charme, mais qui part pour Rouen. Si elle se rétablit, Emma n'en reste pas moins écœurée par son mari, qui semble ne pas comprendre ses préoccupations. Elle va se laisser séduire, lors des comices agricoles, par Rodolphe, riche propriétaire terrien mais coureur de jupons impénitent. Il se lassera vite du romantisme hyperbolique de la jeune femme. C'est après être tombée malade, à la suite du brusque départ de Rodolphe, qu'elle revoit Léon à un spectacle. Cette deuxième liaison l'entraînera fréquemment à Rouen et l'obligera à des dépenses excessives. Elle contractera des dettes auprès d'un usurier, Lheureux.
Menacée par une saisie de ses biens et plus seule que jamais, Emma se suicide en absorbant de l’arsenic. Charles découvrira plus tard les lettres échangées avec ses amants. Il finit par mourir de chagrin après lui avoir toutefois pardonné.

Emma Bovary 


Les éléments réalistes
Loin d’être seulement la critique d’une imagination enflammée, Madame Bovary présente les principaux éléments caractéristiques du réalisme.
Tout d’abord  Flaubert n’a pas inventé la trame de son récit, il l’a tirée d’un fait divers. Comme un journaliste, il a enquêté sur place pour mieux comprendre les personnages qu’il allait mettre en scène. Il a amassé des documents pour atteindre à l’exactitude : il a lu des traités de médecine pour connaître les symptômes d’un empoisonnement par l’arsenic avant de décrire l’agonie d’Emma. Il n’a pas hésité à consulter un avocat pour ne pas commettre d’erreurs dans les désordres financiers de son héroïne non plus que dans leur règlement.  Afin d’assurer la cohérence interne de son récit, en ce qui concerne la localisation des événements, il va jusqu’à dessiner un plan d’Yonville.
Au-delà de ce souci de vérité, Flaubert cherche l’objectivité avec cette « impartialité qu’on met dans les sciences physiques ». Il jette un regard quasi médical sur le monde qu’il décrit. Il essaie de peindre ce qui est visible. À défaut de pouvoir rendre toute la réalité, il choisit les détails pittoresques et justes.
 Comme un photographe, Flaubert apprend à connaître ses modèles de l’extérieur vers l’intérieur.
Cette volonté de réalisme, on la retrouve aussi dans la façon de parler. Chaque personnage possède le langage de sa classe sociale, en accord avec sa psychologie.
Ensuite on doit  noter cette tendance continuelle à expliquer les caractères par l’influence du milieu et du tempérament.
Enfin l’œuvre objective doit renoncer à l’hérésie du moralisme. Le roman n’a pas à défendre une thèse, il se doit d’exposer des faits. Au lecteur à tirer les leçons ! Le livre ne doit plus faire de concessions à un prétendu « bon goût ». Flaubert n’hésitera pas à heurter la sensibilité du lecteur par des détails insupportables lors de l’agonie d’Emma. Rien n’ est épargné.
On peut dire que Madame Bovary par bien des côtés est une œuvre anti-romanesque. C’est l’histoire d’une déchéance assez lamentable, c’est aussi un examen clinique de la réalité. Ces deux aspects essentiels fondent son réalisme.

Les éléments romantiques
Le moi de Flaubert
Flaubert a mis beaucoup de lui-même dans son roman. Malgré un certain parti pris d’impartialité, il a pu aussi s’écrier : « Madame Bovary, c’est moi ! ». Ce cri a été interprété de plusieurs manières. Flaubert a coulé dans son œuvre ses propres inquiétudes, ses manières de penser, sa matière personnelle.
Le goût de la rêverie
Au détour d’une page, on le surprend à rêver de la belle manière, ce qu’il appelait son « infini besoin de sensations intenses ». Les lectures d’Emma, fades et niaises, déclenchent parfois en lui le désir de voyager comme l’évocation de « ces sultans à longues pipes.. ». Il lui faut alors l’aide de l’ironie pour secouer l’esprit qui vagabonde et dénoncer l’invraisemblance et le poncif.
Un goût de la période
Chaque fois que Flaubert se laisse aller à la rêverie, la phrase prend l’ampleur et la cadence de la période romantique.  
Les émois de la passion
Parfois Flaubert éprouve une secrète délectation dans les plaisirs destructeurs de la passion romantique qu’il entend condamner.
La révolte
C’est ce même le désir d’évasion qui constitue le plus profondément le romantisme d’Emma, bien proche de son créateur lorsque qu’elle éprouve un grand dégoût pour le monde étriqué qui l’entoure. Lors de son mariage avec Charles ne voit-on pas l’opposition irréductible entre son sentimentalisme qui se traduit par le désir d’une cérémonie nocturne aux flambeaux et le matérialisme de son père qui pense seulement à la nourriture et aux plaisirs. Depuis on appelle bovarysme cette volonté d’être plus et mieux, ce désir forcené d’une autre existence plus exaltante. Il y a  là le goût romantique de la révolte, la haine de l’ordre établi.

Conclusion

Madame Bovary recèle des aspects réalistes et des aspects romantiques comme l’œuvre de Flaubert qui oscille elle-même sans cesse de la grisaille à la couleur, de la terne réalité aux fastes de l’imagination. Mais même lorsque Flaubert entend écrire sur un sujet trivial, il renonce au réalisme pur. Nous avons alors sous les yeux une œuvre originale qui échappe aux règles trop étroites d’une école, d’un mouvement ou tout simplement d’une doctrine. Son roman y gagne en profondeur, en personnalité, en universalité pourrions-nous dire. Flaubert se situe exactement à la charnière de son siècle, héritant du mal du siècle romantique, cette difficulté à vivre dans un monde borné, il annonce le spleen baudelairien et l’incapacité à s’accommoder d’une existence qui brime l’idéal. Épurant le romantisme de ses excès, il fonde une certaine impartialité dans le récit, ouvrant la voie au roman moderne fait de critique et d’échec. Accordant une grande importance au style, il sacralise l’Art et laisse présager les magiciens du verbe qui auront nom les symbolistes. Flaubert particulièrement dans Madame Bovary reste donc un solitaire, un artiste indépendant dont l’œuvre agira à la manière d’un ferment littéraire.

mercredi 5 octobre 2011

Maupassant : Boule de suif


L'histoire se déroule pendant la guerre de 1870, en plein hiver et débute par le repli des troupes françaises et l'envahissement de Rouen par les prussiens. C'est à bord d'une diligence tirée par six chevaux que l'héroïne, baptisée par l'auteur "Boule de suif" et neuf autres personnes s'enfuient vers Dieppe. Il y a là un couple de commerçants, deux couples de la bourgeoisie et de la noblesse, deux religieuses, un démocrate, et Boule de suif, une femme galante, dont la présence soulève la méfiance, l’indignation ou la curiosité.
Le voyage s’annonce difficile, le froid est vif. La neige ralentit la progression de la diligence. Les voyageurs ont faim. Seule, Boule de Suif a pensé à emporter des provisions qu’elle partage volontiers avec ses compagnons de voyage. Ceux-ci n’hésitent pas alors à oublier provisoirement leurs préjugés pour bénéficier de la générosité de la passagère.
Le soir, la diligence s’arrête pour une étape à l’auberge de Tôtes. Celle-ci est occupée par les Prussiens. L’officier prussien interdit à la diligence de repartir tant que Boule de suif na pas accepté ses avances. Avant le souper elle est appelée à le rejoindre mais refuse. Bonapartiste, elle n’accepte pas de coucher avec l'ennemi.
Les passagers restent bloqués la journée à l'auberge et réalisent que l'officier prussien ne les laissera partir que lorsque Boule de suif se sera offerte à lui. Chacun y va alors de son argument pour convaincre la jeune femme d’accepter de se sacrifier.
Elle passe la nuit avec l'officier et ils partent au petit matin.
Tous se sont fait préparer des petits plats sauf Boule de Suif qui n'a pas eu le temps.
Quand arrive l’heure du repas, les voyageurs se régalent mais personne ne partagera son repas avec Boule de Suif. Elle n’aura droit qu’au mépris de la part de cette micro-société bien pensante, qu’elle a nourrie puis libérée.
E. Manet : Guerre Civile

Le cadre historique
La guerre franco-allemande, qui dura du 19 juillet 1870 au 29 janvier 1871, parfois appelée guerre franco-prussienne, opposa le Second Empire français au royaume de Prusse et ses alliés. Le conflit marqua le point culminant de la tension entre les deux puissances, résultant de la volonté prussienne de dominer toute l'Allemagne, qui était alors une mosaïque d'États indépendants. Mal préparés, très inférieurs en nombre et très mal commandés, les Français sont sévèrement battus dans plusieurs batailles. Le 2 septembre, à la bataille de Sedan, l'empereur français Napoléon III .Cela entraîne deux jours plus tard, à Paris, une révolution sans violence et la création d'un gouvernement de défense nationale.
Une nouvelle défaite française écrasante a lieu à Metz. À Paris, on proclame la déchéance de l'empereur et la Troisième République. Le général Trochu et Gambetta tentent de réorganiser ce qui reste des armées françaises en déroute pour repousser les forces prussiennes qui assiègent rapidement Paris.
Ce qui reste des armées françaises tente de résister et parvient à faire reculer l'ennemi, notamment sur la Loire. Mais, très affaiblies, elles doivent battre en retraite sur tous les fronts. Face à la déroute, le gouvernement de la Défense nationale, demande l'armistice.
Cependant, la Garde nationale et les ouvriers de Paris refusent d'accepter la défaite, critiquant le gouvernement conservateur pour n'avoir pas su organiser une résistance nationale efficace. Ils prennent le contrôle de la capitale le 18 mars, mettant en place un gouvernement insurrectionnel : la Commune de Paris. Avec l'accord tacite des Prussiens, elle est combattue puis écrasée lors de la « Semaine sanglante » (21-28 mai) par le gouvernement d'Adolphe Thiers, réfugié à Versailles. Pendant et après la " semaine sanglante " au cours de laquelle la Commune est vaincue, deux actions répressives sont successivement menées. La première concerne les exécutions sommaires opérées à travers Paris par les soldats versaillais. Du 21 au 28 mai et jusqu’au 30 mai, des communards ont été fusillés sur-le-champ, au pied des barricades qui venaient d’être enlevées ou dans les prévôtés installées dans les gares, les casernes, les abattoirs, les squares et les jardins publics. Avec les premiers jours de juin commence le temps de la justice " régulière " qu’on appellera la " terreur tricolore ". En quelques jours, les troupes de Mac-Mahon raflent plus de 40 000 prisonniers qui sont parqués en divers lieux improvisés à Versailles : dans les casernes, les dépôts et les maisons d’arrêt, à l’Orangerie ou aux Écuries du château.
La défaite entraîna la chute de l'Empire français et la perte pour le territoire français de l'« Alsace-Lorraine ».
La conséquence immédiate de la guerre de 1870 est l'avènement de l'Allemagne bismarckienne qui va dominer seule l'Europe continentale pendant près de 30 ans et faire que la France, diplomatiquement isolée, en soit évincée. Mais demeure en France le sentiment d'une revanche à prendre, animant plus que jamais le nationalisme, qui s'amplifie jusqu'en 1914(Première Guerre mondiale).


L'histoire, les personnages et les thèmes de "Boule de suif"

(POUR LIRE LA PRESENTATION : FLECHE - MORE -FULLSCREEN Autoplay )




Le voyage de Rouen à Dieppe 



Retrouvez les étapes du voyage de "Boule de suif"


samedi 10 septembre 2011

La lecture-Les livres

Camille Corot : La liseuse

Préparez votre exposé sur  « La lecture- les livres »  à l’aide des questions ci-dessous :

1.       Aimez-vous lire? Vous n'aimez-pas beaucoup lire ? Comment ça...? 
2.       Si vous aimez la lecture, est-ce que ce sont vos parents qui vous l'ont fait découvrir? Si c'est une autre  personne, de qui s'agit-il?
3.       Quel est le livre que vous êtes en train de lire en ce moment ? Auteur, genre...
4.       Racontez un peu le sujet du livre ou son argument, s'il s'agit d'un roman.
5.       De quel livre ou de quel morceau de lecture gardez-vous un souvenir bien spécial ? Pourquoi ?
6.       Quel personnage de fiction a marqué votre enfance ? Votre adolescence ? C' était dans quel livre ?
7.       Pensez-vous que la télévision et l'Internet finiront par tuer l'habitude de lire des livres ?
8.       Où et quand lisez-vous ? Quel est votre "coin lecture" préféré ?
9.       Les livres et leurs adaptations au cinéma : lesquelles connaissez-vous ? Déception ou révélation ?
      10.   Quel livre recommanderiez-vous à un ami / une amie déprimé/e ?
11.   Quel livre recommanderiez-vous à un ami/ une amie qui ne lit jamais rien ?
12.   Le livre que vous n'avez pas réussi à terminer et que vous avez laissé tomber ?
13.   D'après vous, quelles mesures précises contribueraient-t-elles à favoriser la lecture chez les adolescents et les jeunes en général ?

dimanche 21 août 2011