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mercredi 30 avril 2014

Grand Corps Malade


Biographie :
Fabien Marsaud, alias Grand Corps Malade, est un véritable poète, un poète des temps modernes. Ce n'est pas un rappeur, mais un slameur. Le slam est une compétition de poésie venue de Chicago. Fabien Marsaud scande sur scène avec ou sans accompagnement musical des mots qui parlent de lui, de son handicap, du « 9-3 » où il vit, de ses « potes », de la société. Grand Corps Malade est le premier à avoir popularisé le slam en France.
En 2007, au cours des 22es Victoires de la Musique, il est consacré « Artiste révélation scène de l'année ».
En 2008, il est nommé Chevalier dans l'ordre des Arts et Lettres. 
En 2009, il reçoit le Félix (l'équivalent des Victoires de la Musique) de l'Artiste Francophone de l'année au Québec.
Il fonde avec quelques amis artistes le collectif « Ça Peut Chémar ». Ce collectif propose une soirée mensuelle mettant en scène un véritable « Cabaret Urbain » regroupant du slam, du chant, de la danse, du théâtre d'impro, de la vidéo...

Source : www.tv5monde.com/musique
Note
Le slam est un concours de déclamation de textes poétiques. Né d'une idée du poète américain Marc Smith en 1986 dans le but de rendre les lectures de poèmes à la fois moins élitistes et moins ennuyeuses, le slam prévoit des règles minimales, laissant une grande liberté aux participants. Une soirée slam est une soirée de lectures de poèmes avec le principe de la scène ouverte, c'est-à-dire que quiconque peut réciter un texte s'il le souhaite. On considère que le slam est un mouvement artistique porteur de valeurs telles que l'ouverture d'esprit, le partage, la liberté d'expression et le dépassement des barrières sociales.
Source : www.wikipedia.org


Interview

Sébastien Folin
Aujourd’hui (…) on reçoit Grand Corps Malade avec « 3e temps ». Fabien, bonjour.
Grand Corps Malade
Bonjour.
Sébastien Folin
Donc troisième album, après les deux premiers qui se sont vendus quand même à beaucoup d’exemplaires. Je crois qu’en cumul, on arrive à 1 million d’exemplaires.
Grand Corps Malade
Oui, c’est ça.
Sébastien Folin
Du coup, quand vous attaquez un troisième album, il y a… Comment est-ce qu’on se sent ? Avec beaucoup de certitudes en se disant, bon ben, voilà, je vais pouvoir bosser sereinement ou au contraire… avec une forme de pression ?
Grand Corps Malade
Au moment de l’écriture des textes, y’a pas vraiment… je pense pas à tout ça, en fait, j’écris très régulièrement donc pendant les 2 ans qu’on…de la deuxième tournée j’ai continué d’écrire des textes. Mais après, c’est vrai qu’au moment de choisir ses textes, de rentrer en studio, de les mettre en musique et de penser vraiment à la sortie de ce troisième album, oui, là y’a une certaine pression, parce que, voilà, il parait que le troisième album est souvent casse-gueule1, que c’est un peu là où…
Sébastien Folin
On dit ça du deuxième aussi…
Grand Corps Malade
C’est vrai ? J’ai plutôt entendu le troisième. Ça dépend des écoles…
Sébastien Folin
Peut-être qu’on va vous le dire pour le quatrième après du coup .
Grand Corps Malade
En fait, il y a toujours la pression. Non voilà, on a continué de faire ce qu’on savait faire : moi j’écris des textes, j’ai bossé2, j’ai eu la chance de bosser avec plein de compositeurs différents pour essayer… Les thèmes de l’album sont assez variés donc du coup musicalement j’avais envie que ça suive cette variété et puis voilà, après on laisse faire le naturel et c’est vrai que finalement on a eu plutôt des bons retours et ça, ça commence à bien prendre.
Sébastien Folin
Revenons au texte avant de parler de la musique parce que c’est vrai que c’est foisonnant. Il y a une vraie richesse au niveau des arrangements et justement des directions musicales très différentes que vous avez prises. Euh… Les textes donc vous ne les écrivez pas forcément dans le but de faire un album ? 
Grand Corps Malade
Non, non…
Sébastien Folin
Vous écrivez régulièrement ?
Grand Corps Malade
J’essaye de garder la même spontanéité que quand j’écrivais au départ quand j’ai commencé le slam dans les petits bars où là, justement t’as pas d’enjeu, t’as rien à gagner. J’essaye de me mettre toujours dans cette situation-là. Voilà, si un jour je suis de bonne humeur et tel thème plutôt gai m’inspire, je vais écrire là-dessus. Un autre jour si je suis un peu plus noir, je vais écrire un texte un peu plus sombre. J’essaye d’écrire au feeling sur les thèmes du moment qui me viennent sans forcément penser à la suite et c’est vrai que du coup il y a des textes qui figurent pas forcément, enfin qui figurent jamais sur un album parce que j’écris pas tout le temps dans l’optique de faire un disque.
Sébastien Folin
Est-ce que c’est une écriture très spontanée ou alors vous revenez quand même sur les choses, vous… ?
Grand Corps Malade
Non, c’est assez spontané. C'est-à-dire que quand j’ai envie de traiter d’un sujet, je laisse mûrir un peu le texte et je sais à peu près comment je vais attaquer le thème et quand je me mets à ma feuille, voilà, je sais à peu près où je veux aller donc je mets pas des semaines à écrire un texte, je mets un ou deux jours. Mais, voilà, il est assez vite fini. Et puis tant mieux d’ailleurs parce que pendant l’écriture d’un texte je peux être assez asociable3, je peux être un peu tout le temps en train de penser comment je vais finir et là, du coup, les gens me parlent un peu dans le vide donc vaut mieux que je finisse vite mon texte.
Sébastien Folin
Est-ce que votre écriture a évolué depuis vos débuts dans le slam, c’est 2003 à peu près que vous avez découvert le slam ?
Grand Corps Malade
Oui, 2003. J’espère… j’espère que comme tout le monde j’ai envie de progresser…
Sébastien Folin
Et vous-même ? En terme de technique, d’approche de l’écriture, vous avez le sentiment d’aborder ça différemment ?
Grand Corps Malade
Non, j’aborde ça de la même façon. Après des fois je m’impose des contraintes parce que l’écriture c’est un jeu. Moi, j’anime beaucoup d’ateliers slam et dans mes ateliers, je leur fais faire des exercices, des contraintes d’écriture… Du coup moi je m’impose un peu les mêmes et là par exemple, il y a un texte qui s’appelle « un verbe » sur cet album où justement il y a aucun verbe. Bon ben voilà, c’est un petit exercice qui finalement donne forcément une écriture différente. Donc voilà, je m’impose ça, je m’impose surtout, j’espère, de plus en plus d’exigences euh… parce que j’ai envie de progresser donc j’espère, tout en gardant mon naturel d’écriture, ma spontanéité, bon, ben voilà j’espère que je progresse.
Sébastien Folin
Pourquoi ces ateliers de slam ? Pourquoi est-ce que vous continuez à les faire ? Vous continuez à les faire ?
Grand Corps Malade
Oui, ben c’est, avant tout ça me permet de prendre du recul sur le disque, sur la promo, sur les grandes tournées, c’est des petits moments en dehors de ça et pourtant je reste dans mon univers : l’écriture. Et puis c’est des moments humains, c’est des moments sympas. Je vais faire des ateliers dans des écoles, dans des prisons, dans des maisons de retraite. Ben voilà, c’est des rencontres et j’aime cette idée d’essayer de transmettre à tout le monde, enfin à tous ceux que je rencontre, l’envie d’écrire parce que je sais que le slam c’est quelque chose qui est accessible et abordable par tout le monde donc c’est un peu dans cette optique-là, que je vais faire ces rencontres.

Vocabulaire
1. Être casse-gueule : (familier) être risqué, être dangereux.
2. Bosser : (familier) travailler.
3. Associable : utilisé pour désigner une personne qui a du mal à s’intégrer à un groupe, à la société.



Répondez aux questions suivantes.

1. Comment s’appelle ce chanteur ? 
2. Quel est son nom d’artiste ? 
3. Quel est le titre de l’album présenté ? 
4. Quelle est la particularité de cet album par rapport aux précédents ?
5. Commet cet artiste a-t-il travaillé ? Dans quel état d’esprit se trouvait-il quand il a composé ?  

Dites si les informations suivantes sont vraies ou fausses et justifiez vos réponses.


Vrai
Faux
1. Grand Corps Malade écrit toujours dans le but de composer un album.
Justification : ..........................................................................................


2. Les textes de Grand Corps Malade sont préparés et très réfléchis.
Justification : ..........................................................................................


3. Les textes de Grand Corps Malade sont influencés par ses préoccupations du moment.
Justification : ..........................................................................................


4. L’écriture d’un texte occupe Grand Corps Malade durant plusieurs semaines.
Justification : ..........................................................................................


5. Quand il écrit, Grand Corps Malade est assez asocial.
Justification : ..........................................................................................




Au début de sa carrière, où se produisait Grand Corps Malade ?
Quelle est l’autre activité de Grand Corps Malade ?
Que lui apporte cette activité ?
Quels sont les objectifs de cette seconde activité ?
D’après vous et les informations que vous avez recueillies, Fabien Marsaud est-il un poète, un musicien ou un chanteur ? Justifiez vos propos.

Il est étonnant de voir que le slam envahit peu à peu les écoles, les collèges, les lycées, les centres sociaux, les maisons de retraite, les prisons. Comment est-il passé des bars aux bancs de l’école, aux prisons ? D’après vous, pourquoi le slam rencontre-t-il un tel succès ? Donnez votre point de vue en justifiant vos propos.

mercredi 12 octobre 2011

Tintin

Pour faire le portrait de Tintin et de ses amis...



Pour mieux connaitre le monde de Tintin… http://www.tintin.free.fr/





Du 25 octobre au cinéma…





Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne
Réalisé par Steven Spielberg 

Parce qu’il achète la maquette d’un bateau appelé la Licorne, Tintin, un jeune reporter, se retrouve entraîné dans une fantastique aventure à la recherche d’un fabuleux secret. En enquêtant sur une énigme vieille de plusieurs siècles, il contrarie les plans d’Ivan Ivanovitch Sakharine, un homme diabolique convaincu que Tintin a volé un trésor en rapport avec un pirate nommé Rackham le Rouge. Avec l’aide de Milou, son fidèle petit chien blanc, du capitaine Haddock,un vieux loup de mer au mauvais caractère, et de deux policiers maladroits, Dupond et Dupont, Tintin va parcourir la moitié de la planète, et essayer de se montrer plus malin et plus rapide que ses ennemis, tous lancés dans cette course au trésor à la recherche d’une épave engloutie qui semble receler la clé d’une immense fortune… et une redoutable malédiction. De la haute mer aux sables des déserts d’Afrique, Tintin et ses amis vont affronter mille obstacles, risquer leur vie, et prouver que quand on est prêt à prendre tous les risques, rien ne peut vous arrêter…
(allociné.com )





jeudi 6 octobre 2011

Flaubert : Madame Bovary

Autour de 1850, une nouvelle sensibilité autant littéraire que picturale se dessine : il s’agit du réalisme. Tandis que Murger écrit Les Scènes de la vie de Bohème, que Champfleury donne Monsieur de Boisdhyver, Courbet déclenche un véritable scandale avec son tableau Un enterrement à Ornans parce qu’un chien vient entacher le caractère sacré d’une inhumation. Cette évolution avait été préparée par le positivisme scientiste d’un Auguste Comte qui avait permis de réagir contre les excès du sentimentalisme romantique. C’est dans ces conditions que l’histoire personnelle de Flaubert va rejoindre les tendances d’une certaine élite de son temps. Il venait d’écrire La Tentation de Saint Antoine, somptueuse évocation de toutes les hérésies, et avait soumis son ouvrage à l’appréciation de ses amis Du Camp et Bouilhet. Les deux critiques conseillèrent alors à Flaubert de renoncer au lyrisme et de purger son esprit trop imaginatif en se consacrant à une histoire triviale. Sous forme de boutade peut-être, ils lui proposèrent de romancer une aventure sordide qui avait défrayé la chronique de Ry : l’adultère, l’endettement et pour finir, la ruine et le suicide de l’épouse du médecin Delamare. Flaubert allait entreprendre la rédaction de Madame Bovary.


Charles Bovary s'établit à Tostes comme officier de santé, élève médiocre il n'a pas obtenu le doctorat. Il se marie ensuite avec une veuve de 45 ans qu'il exècre.
Apres la mort de sa femme (dont il hérite de la fortune),Charles, lors d'une banale visite, fait la rencontre d'une jeune femme, Emma Rouault, élevée dans un couvent et s'ennuyant à la ferme avec son père. Emma se laisse séduire et se marie avec lui. Marquée au fer rouge par ses lectures romantiques de jeunesse, et nourrissant une vision passionnément lyrique de l'existence, elle se prend à rêver d'une vie en adéquation avec ses aspirations naïves de jeune fille grâce à son mariage.
Mais sa vie en couple dégénère rapidement pour devenir insipide et monotone. Charles, privé d'ambition, ne répond pas à ses attentes d'une vie exaltante. Arrive le bal donné au château de la Vaubyessard, qui marque une étape déterminante dans la vie d'Emma, lui laissant entrevoir les charmes tentateurs d'une vie privilégiée dont elle rêve depuis sa plus prime jeunesse. Cette soirée continuera longtemps de hanter son esprit.
Emma s'ennuie et sombre dans la dépression et Charles, à contrecœur décide de partir à Yonville, alors que Madame Bovary est enceinte. Elle fait la connaissance du pharmacien Homais, archétype du notable de province bouffi d'orgueil et de Léon, un clerc de notaire dont elle éprouve le charme, mais qui part pour Rouen. Si elle se rétablit, Emma n'en reste pas moins écœurée par son mari, qui semble ne pas comprendre ses préoccupations. Elle va se laisser séduire, lors des comices agricoles, par Rodolphe, riche propriétaire terrien mais coureur de jupons impénitent. Il se lassera vite du romantisme hyperbolique de la jeune femme. C'est après être tombée malade, à la suite du brusque départ de Rodolphe, qu'elle revoit Léon à un spectacle. Cette deuxième liaison l'entraînera fréquemment à Rouen et l'obligera à des dépenses excessives. Elle contractera des dettes auprès d'un usurier, Lheureux.
Menacée par une saisie de ses biens et plus seule que jamais, Emma se suicide en absorbant de l’arsenic. Charles découvrira plus tard les lettres échangées avec ses amants. Il finit par mourir de chagrin après lui avoir toutefois pardonné.

Emma Bovary 


Les éléments réalistes
Loin d’être seulement la critique d’une imagination enflammée, Madame Bovary présente les principaux éléments caractéristiques du réalisme.
Tout d’abord  Flaubert n’a pas inventé la trame de son récit, il l’a tirée d’un fait divers. Comme un journaliste, il a enquêté sur place pour mieux comprendre les personnages qu’il allait mettre en scène. Il a amassé des documents pour atteindre à l’exactitude : il a lu des traités de médecine pour connaître les symptômes d’un empoisonnement par l’arsenic avant de décrire l’agonie d’Emma. Il n’a pas hésité à consulter un avocat pour ne pas commettre d’erreurs dans les désordres financiers de son héroïne non plus que dans leur règlement.  Afin d’assurer la cohérence interne de son récit, en ce qui concerne la localisation des événements, il va jusqu’à dessiner un plan d’Yonville.
Au-delà de ce souci de vérité, Flaubert cherche l’objectivité avec cette « impartialité qu’on met dans les sciences physiques ». Il jette un regard quasi médical sur le monde qu’il décrit. Il essaie de peindre ce qui est visible. À défaut de pouvoir rendre toute la réalité, il choisit les détails pittoresques et justes.
 Comme un photographe, Flaubert apprend à connaître ses modèles de l’extérieur vers l’intérieur.
Cette volonté de réalisme, on la retrouve aussi dans la façon de parler. Chaque personnage possède le langage de sa classe sociale, en accord avec sa psychologie.
Ensuite on doit  noter cette tendance continuelle à expliquer les caractères par l’influence du milieu et du tempérament.
Enfin l’œuvre objective doit renoncer à l’hérésie du moralisme. Le roman n’a pas à défendre une thèse, il se doit d’exposer des faits. Au lecteur à tirer les leçons ! Le livre ne doit plus faire de concessions à un prétendu « bon goût ». Flaubert n’hésitera pas à heurter la sensibilité du lecteur par des détails insupportables lors de l’agonie d’Emma. Rien n’ est épargné.
On peut dire que Madame Bovary par bien des côtés est une œuvre anti-romanesque. C’est l’histoire d’une déchéance assez lamentable, c’est aussi un examen clinique de la réalité. Ces deux aspects essentiels fondent son réalisme.

Les éléments romantiques
Le moi de Flaubert
Flaubert a mis beaucoup de lui-même dans son roman. Malgré un certain parti pris d’impartialité, il a pu aussi s’écrier : « Madame Bovary, c’est moi ! ». Ce cri a été interprété de plusieurs manières. Flaubert a coulé dans son œuvre ses propres inquiétudes, ses manières de penser, sa matière personnelle.
Le goût de la rêverie
Au détour d’une page, on le surprend à rêver de la belle manière, ce qu’il appelait son « infini besoin de sensations intenses ». Les lectures d’Emma, fades et niaises, déclenchent parfois en lui le désir de voyager comme l’évocation de « ces sultans à longues pipes.. ». Il lui faut alors l’aide de l’ironie pour secouer l’esprit qui vagabonde et dénoncer l’invraisemblance et le poncif.
Un goût de la période
Chaque fois que Flaubert se laisse aller à la rêverie, la phrase prend l’ampleur et la cadence de la période romantique.  
Les émois de la passion
Parfois Flaubert éprouve une secrète délectation dans les plaisirs destructeurs de la passion romantique qu’il entend condamner.
La révolte
C’est ce même le désir d’évasion qui constitue le plus profondément le romantisme d’Emma, bien proche de son créateur lorsque qu’elle éprouve un grand dégoût pour le monde étriqué qui l’entoure. Lors de son mariage avec Charles ne voit-on pas l’opposition irréductible entre son sentimentalisme qui se traduit par le désir d’une cérémonie nocturne aux flambeaux et le matérialisme de son père qui pense seulement à la nourriture et aux plaisirs. Depuis on appelle bovarysme cette volonté d’être plus et mieux, ce désir forcené d’une autre existence plus exaltante. Il y a  là le goût romantique de la révolte, la haine de l’ordre établi.

Conclusion

Madame Bovary recèle des aspects réalistes et des aspects romantiques comme l’œuvre de Flaubert qui oscille elle-même sans cesse de la grisaille à la couleur, de la terne réalité aux fastes de l’imagination. Mais même lorsque Flaubert entend écrire sur un sujet trivial, il renonce au réalisme pur. Nous avons alors sous les yeux une œuvre originale qui échappe aux règles trop étroites d’une école, d’un mouvement ou tout simplement d’une doctrine. Son roman y gagne en profondeur, en personnalité, en universalité pourrions-nous dire. Flaubert se situe exactement à la charnière de son siècle, héritant du mal du siècle romantique, cette difficulté à vivre dans un monde borné, il annonce le spleen baudelairien et l’incapacité à s’accommoder d’une existence qui brime l’idéal. Épurant le romantisme de ses excès, il fonde une certaine impartialité dans le récit, ouvrant la voie au roman moderne fait de critique et d’échec. Accordant une grande importance au style, il sacralise l’Art et laisse présager les magiciens du verbe qui auront nom les symbolistes. Flaubert particulièrement dans Madame Bovary reste donc un solitaire, un artiste indépendant dont l’œuvre agira à la manière d’un ferment littéraire.

jeudi 18 novembre 2010

Le Petit Chaperon Rouge

Rappelons  que cette histoire est un conte de Charles Perrault (1628-1703) qu'ont repris les
frères Jacob  Grimm. Le récit est conduit de la même manière chez les deux auteurs, jusqu'à ce point où le loup, s'étant introduit dans le lit de la grand'mère, dévore le Petit Chaperon rouge. L'histoire s'achève, chez Perrault, par une morale galante. Ici, il est évident que le loup n'est qu'une métaphore qui ne laisse pas grand-chose à l'imagination du lecteur.
Cet excès de simplification, joint à une moralité explicite, fait de cette histoire un conte de mise en
garde ou d'avertissement. L'enfant n'a pas l'occasion de découvrir lui-même le sens caché du conte.
En revanche, chez les frères Grimm, l'histoire se poursuit avec la venue du chasseur qui éventre le
loup et en retire, saines et sauves, la grand-mère et la petite-fille.


Il était une fois une petite fille de Village, la plus jolie qu'on eût su voir ; sa mère en était folle, et sa mère-grand plus folle encore. Cette bonne femme lui fit faire un petit chaperon rouge, qui lui seyait si bien, que partout on l'appelait le Petit Chaperon rouge.
Un jour sa mère ayant cuit et fait des galettes, lui dit :
Va voir comme se porte ta mère-grand, car on m'a dit qu'elle était malade, porte-lui une galette et ce petit pot de beurre. Le Petit Chaperon rouge partit aussitôt pour aller chez sa mère-grand, qui demeurait dans un autre Village. En passant dans un bois elle rencontra compère le Loup, qui eut bien envie de la manger ; mais il n'osa, à cause de quelques Bûcherons qui étaient dans la Forêt. Il lui demanda où elle allait ; la pauvre enfant, qui ne savait pas qu'il est dangereux de s'arrêter à écouter un Loup, lui dit : Je vais voir ma Mère-grand, et lui porter une galette avec un petit pot de beurre que ma Mère lui envoie.
Demeure-t-elle bien loin ? lui dit le Loup. Oh ! oui, dit le Petit Chaperon rouge, c'est par-delà le moulin que vous voyez tout là-bas, là-bas, à la première maison du Village. Eh bien, dit le Loup, je veux l'aller voir aussi ; je m'y en vais par ce chemin ici, et toi par ce chemin-là, et nous verrons qui plus tôt y sera. Le Loup se mit à courir de toute sa force par le chemin qui était le plus court, et la petite fille s'en alla par le chemin le plus long, s'amusant à cueillir des noisettes, à courir après des papillons, et à faire des bouquets des petites fleurs qu'elle rencontrait.
Le Loup ne fut pas longtemps à arriver à la maison de la Mère-grand ; il heurte : Toc, toc. Qui est là ? C'est votre fille le Petit Chaperon rouge (dit le Loup, en contrefaisant sa voix) qui vous apporte une galette et un petit pot de beurre que ma Mère vous envoie. La bonne Mère grand, qui était dans son lit à cause qu'elle se trouvait un peu mal, lui cria : Tire la chevillette, la bobinette cherra.
Le Loup tira la chevillette et la porte s'ouvrit. Il se jeta sur la bonne femme, et la dévora en moins de rien ; car il y avait plus de trois jours qu'il n'avait mangé. Ensuite il ferma la porte, et s'alla coucher dans le lit de la Mère grand, en attendant le Petit Chaperon rouge, qui quelque temps après vint heurter à la porte. Toc, toc. Qui est là ?
Le Petit Chaperon rouge, qui entendit la grosse voix du Loup eut peur d'abord, mais croyant que sa Mère-grand était enrhumée, répondit : C'est votre fille le Petit Chaperon rouge, qui vous apporte une galette et un petit pot de beurre que ma Mère vous envoie. Le Loup lui cria en adoucissant un peu sa voix : Tire la chevillette, la bobinette cherra. Le Petit Chaperon rouge tira la chevillette, et la porte s'ouvrit. Le Loup, la voyant entrer lui dit en se cachant dans le lit sous la couverture : Mets la galette et le petit pot de beurre sur la huche, et viens te coucher avec moi. Le Petit Chaperon rouge se déshabille, et va se mettre dans le lit, où elle fut bien étonnée de voir comment sa Mère-grand était faite en son déshabillé. Elle lui dit : Ma mère-grand, que vous avez de grands bras ? C'est pour mieux t'embrasser, ma fille. Ma mère-grand, que vous avez de grandes jambes ? C'est pour mieux courir, mon enfant. Ma mère-grand, que vous avez de grandes oreilles? C'est pour mieux écouter, mon enfant. Ma mère-grand, que vous avez de grands yeux ? C'est pour mieux voir, mon enfant. Ma mère-grand, que vous avez de grandes dents ? C'est pour te manger. Et en disant ces mots, ce méchant Loup se jeta sur le Petit Chaperon rouge, et la mangea.

MORALITÉ
On voit ici que de jeunes enfants,
Surtout de jeunes filles Belles, bien faites, et gentilles,
Font très mal d'écouter toute sorte de gens,
Et que ce n'est pas chose étrange,
S'il en est tant que le Loup mange.
Je dis le Loup, car tous les Loups ne sont pas de la même sorte ; Il en est d'une humeur accorte,
Sans bruit, sans fiel et sans courroux,
Qui privés, complaisants et doux,
Suivent les jeunes Demoiselles jusque dans les maisons, jusque dans les ruelles ;
Mais hélas ! qui ne sait que ces loups doucereux,
De tous les loups sont les plus dangereux.

(Charles Perrault)


Décrivez le Chaperon rouge : son allure, ses vêtements, son visage, son âge .
Le rouge désigne-t-il seulement la couleur de son chaperon ?
Choisissez trois adjectifs pour définir le Chaperon, et trois autres pour caractériser le loup.
Comment imaginez-vous les sentiments du loup à l’égard du Chaperon au milieu de l’histoire et à la fin ?
Quel enseignement en tirez-vous ?