dimanche 14 avril 2013

L'alimentation biologique peut-elle contribuer au développement durable ?

Les pratiques agricoles, les circuits de distribution, les emballages, les pollutions entrainées par certaines pratiques, etc. pèsent sur l'environnement. Si l'agriculture biologique apparait souvent comme une alternative, elle reste encore minoritaire et son coût empêche de nombreux consommateurs d'en bénéficier.

Le bio : plus cher et réservé aux « bobos » ?

Les enquêtes réalisées en France sur le sujet montrent toutes que les produits alimentaires issus de l'agriculture biologique sont plus chers que ceux issus de l'agriculture intensive : de 50 à 70% en moyenne. Le profil type des consommateurs bio correspond à des personnes un peu plus aisées que la moyenne et plutôt issues des catégories socioprofessionnelles supérieures. Mais quelques nuances doivent être apportées.
Si l'on s'intéresse aux non-consommateurs de bio, on s'aperçoit que les raisons financières n'expliquent pas tout. Des raisons socioculturelles expliquent aussi cette non-consommation : le poids des habitudes alimentaires tout d'abord, deux tiers des non consommateurs avouent ne pas avoir le réflexe d'acheter des produits bio, et le manque d'information ou d'intérêt ensuite (d'après l'Agence BIO).
Il faut ensuite relativiser ces écarts de prix car les comparaisons sont parfois difficiles. Certes, le label Bio entraîne des surcoûts : la moindre productivité de l'agriculture biologique (plus d'emplois pour moins de volumes), mais aussi le coût de la période de conversion des terres (durant laquelle l'agriculture ne peut bénéficier du label) et les coûts liés à la certification et au contrôle. Soulignons aussi que le système de subventions de l'agriculture favorise les systèmes de culture à forte productivité, donc très peu d'exploitations pratiquant l'agriculture biologique. En revanche, l'agriculture intensive a de nombreux coûts cachés, car pris en charge par l'ensemble de la société : la dépollution de l'eau, des sols, le traitement des conséquences des pesticides sur la santé, etc. Le consommateur n'en a donc pas forcément conscience. Enfin, des observateurs ont dénoncé les pratiques des grands distributeurs profitant de l'engouement pour les produits bio pour augmenter leurs marges.

Pourquoi manger bio ?

Rappelons tout d'abord que « l'agriculture biologique se définit comme un mode de production agricole exempt de produits chimiques de synthèse et d'OGM. C'est aussi et surtout un mode de production durable et respectueux des hommes et de leur environnement. Pour cela, il s'appuie sur une approche globale de l'exploitation et de son milieu, aussi bien dans ses composantes technico-économiques que sociales, environnementales ou historiques. L'agriculture biologique est basée sur l'équilibre entre le sol, les animaux et les cultures ».
Manger bio a effectivement un impact positif sur l'environnement à différents niveaux :protection de la biodiversité, respect des sols, protection des nappes phréatiques, etc. Il semble toutefois que manger bio n'ait pas une influence si forte sur notre empreinte carbone. Mieux vaut pour cela modifier le contenu de nos assiettes et nos habitudes de consommation...

Pour réduire notre empreinte écologique, mangeons autrement !


Les consommations de viandes, de poissons, de produits laitiers et de produits transformés ont considérablement augmenté depuis les années 1950. Ces habitudes pèsent sur le budget des ménages et ont un impact très fort sur l'environnement. Par exemple, la production de viande contribue au réchauffement climatique via la conversion des forêts en terres agraires, la consommation de carburant par les machines agricoles, la fabrication et le transport des fertilisants, la production de gaz à effet de serre par les animaux, etc. Conserver ces mêmes habitudes alimentaires et passer au bio coûte effectivement plus cher. Mais en revanche, diminuer sa consommation de viande et de produits transformés préserve à la fois l'environnement et son porte-monnaie... ce qui facilite l'achat de produits bio.
Un autre levier pour réduire l'empreinte carbone de l'alimentation consiste à consommer des produits locaux de saison et privilégier les circuits courts afin de réduire l'impact lié au déplacement : AMAP, marchés fermiers, points de vente collectifs ou coopératifs, épiceries solidaires. Il est souhaitable aussi de préférer les filières équitables pour les produits plus exotiques comme le café, le chocolat...




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