jeudi 29 décembre 2011

Nos villes

Savignano sul Rubicone (Silvia et Federica)




Poggio Berni (Laura B.)



Santarcangelo (Greta)




Savignano sul Rubicone- Santarcangelo- San Mauro     (Giorgia F.- Giulia- Vittoria- Arianna- Debora)




Sogliano al Rubicone (Marica et Martina)



lundi 26 décembre 2011

dimanche 25 décembre 2011

vendredi 23 décembre 2011

Mes chers élèves...

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mercredi 21 décembre 2011

Chers élèves...


M.me Dinh vient de m’ envoyer ce message que je vous transmet

dimanche 18 décembre 2011

Contre le racisme





Faites vos commentaires 

L’ égalité selon Voltaire



Article « Égalité », Dictionnaire philosophique, 1764

Il est clair que tous les hommes jouissant des facultés attachées à leur nature sont égaux; ils le sont quand ils s’acquittent des fonctions animales, et quand ils exercent leur entendement. Le roi de la Chine, le Grand Mogol, le padisha de Turquie ne peut dire au dernier des hommes: Je te défends de digérer, d’aller à la garde-robe, et de penser. Tous les animaux de chaque espèce sont égaux entre eux:
 
Un cheval ne dit point au cheval son confrère:
Qu’on peigne mes beaux crins, qu’on m’étrille et me ferre.
Toi, cours, et va porter mes ordres souverains
Aux mulets de ces bords, aux ânes mes voisins;
Toi, prépare les grains dont je fais des largesses
A mes fiers favoris, à mes douces maîtresses;
Qu’on châtre les chevaux désignés pour servir
Les coquettes juments dont seul je dois jouir;
Que tout soit dans la crainte et dans la dépendance:
Et si quelqu’un de vous hennit en ma présence,
Pour punir cet impie et ce séditieux,
Qui foule aux pieds les lois des chevaux et des dieux;
Pour venger dignement le ciel et la patrie,
Qu’il soit pendu sur l’heure auprès de l’écurie.
Les animaux ont naturellement au-dessus de nous l’avantage de l’indépendance. Si un taureau qui courtise une génisse est chassé à coups de cornes par un taureau plus fort que lui, il va chercher une autre maîtresse dans un autre pré, et il vit libre. Un coq battu par un coq se console dans un autre poulailler. Il n’en est pas ainsi de nous: un petit vizir exile à Lemnos un bostangi; le vizir Azem exile le petit vizir à Ténédos; le padisha exile le vizir Azem à Rhodes; les janissaires mettent en prison le padisha, et en élisent un autre qui exilera les bons musulmans à son choix; encore lui sera-t-on bien obligé s’il se borne à ce petit exercice de son autorité sacrée.
Si cette terre était ce qu’elle semble devoir être, si l’homme y trouvait partout une subsistance facile et assurée, et un climat convenable à sa nature, il est clair qu’il eût été impossible à un homme d’en asservir un autre. Que ce globe soit couvert de fruits salutaires; que l’air qui doit contribuer à notre vie ne nous donne point des maladies et une mort prématurée; que l’homme n’ait besoin d’autre logis et d’autre lit que de celui des daims et des chevreuils; alors les Gengis-kan et les Tamerlan n’auront de valets que leurs enfants, qui seront assez honnêtes gens pour les aider dans leur vieillesse.
Dans cet état naturel dont jouissent tous les quadrupèdes non domptés, les oiseaux et les reptiles, l’homme serait aussi heureux qu’eux; la domination serait alors une chimère, une absurdité à laquelle personne ne penserait: car pourquoi chercher des serviteurs quand vous n’avez besoin d’aucun service?
S’il passait par l’esprit de quelque individu à tête tyrannique et à bras nerveux d’asservir son voisin moins fort que lui, la chose serait impossible: l’opprimé serait sur le Danube avant que l’oppresseur eût pris ses mesures sur le Volga.
Tous les hommes seraient donc nécessairement égaux, s’ils étaient sans besoins la misère attachée à notre espèce subordonne un homme à un autre homme: ce n’est pas l’inégalité qui est un malheur réel, c’est la dépendance. Il importe fort peu que tel homme s’appelle sa hautesse, tel autre sa sainteté; mais il est dur de servir l’un ou l’autre.
Une famille nombreuse a cultivé un bon terroir; deux petites familles voisines ont des champs ingrats et rebelles: il faut que les deux pauvres familles servent la famille opulente, ou qu’elles l’égorgent, cela va sans difficulté. Une des deux familles indigentes va offrir ses bras à la riche pour avoir du pain; l’autre va l’attaquer et est battue. La famille servante est l’origine des domestiques et des manœuvres; la famille battue est l’origine des esclaves.
Il est impossible dans notre malheureux globe que les hommes vivant en société ne soient pas divisés en deux classes: l’une, de riches qui commandent; l’autre, de pauvres qui servent; et ces deux se subdivisent en mille, et ces mille ont encore des nuances différentes.
Tu viens, quand les lots sont faits, nous dire: « Je suis homme comme vous; j’ai deux mains et deux pieds, autant d’orgueil et plus que vous, un esprit aussi désordonné pour le moins, aussi inconséquent, aussi contradictoire que le vôtre. Je suis citoyen de Saint-Marin, ou de Raguse, ou de Vaugirard: donnez-moi ma part de la terre. Il y a dans notre hémisphère connu environ cinquante mille millions d’arpents à cultiver, tant passables que stériles. Nous ne sommes qu’environ un milliard d’animaux à deux pieds sans plumes sur ce continent: ce sont cinquante arpents pour chacun; faites-moi justice: donnez-moi mes cinquante arpents. »
On lui répond: « Va-t’en les prendre chez les Cafres, chez les Hottentots, ou chez les Samoyèdes; arrange-toi avec eux à l’amiable; ici, toutes les parts sont faites. Si tu veux avoir parmi nous le manger, le vêtir, le loger et le chauffer, travaille pour nous comme faisait ton père; sers-nous, ou amuse-nous, et tu seras payé: sinon tu seras obligé de demander l’aumône, ce qui dégraderait trop la sublimité de ta nature, et t’empêcherait réellement d’être égal aux rois, et même aux vicaires de village, selon les prétentions de ta noble fierté. »
Tous les pauvres ne sont pas malheureux. La plupart sont nés dans cet état, et le travail continuel les empêche de trop sentir leur situation; mais quand ils la sentent, alors on voit des guerres, comme celle du parti populaire contre le parti du sénat à Rome, celles des paysans en Allemagne, en Angleterre, en France. Toutes ces guerres finissent tôt ou tard par l’asservissement du peuple, parce que les puissants ont l’argent, et que l’argent est maître de tout dans un État: je dis dans un État, car il n en est pas de même de nation à nation. La nation qui se servira le mieux du fer subjuguera toujours celle qui aura plus d’or et moins de courage.
Tout homme naît avec un penchant assez violent pour la domination, la richesse et les plaisirs, et avec beaucoup de goût pour la paresse; par conséquent tout homme voudrait avoir l’argent et les femmes ou les filles des autres, être leur maître, les assujettir à tous ses caprices, et ne rien faire, ou du moins ne faire que des choses très agréables. Vous voyez bien qu’avec ces belles dispositions il est aussi impossible que les hommes soient égaux qu’il est impossible que deux prédicateurs ou deux professeurs de théologie ne soient pas jaloux l’un de l’autre.
Le genre humain, tel qu’il est, ne peut subsister, à moins qu’il n’y ait une infinité d’hommes utiles qui ne possèdent rien du tout: car, certainement, un homme à son aise ne quittera pas sa terre pour venir labourer la vôtre; et si vous avez besoin d’une paire de souliers, ce ne sera pas un maître des requêtes qui vous la fera. L’égalité est donc à la fois la chose la plus naturelle, et en même temps la plus chimérique.
Comme les hommes sont excessifs en tout quand ils le peuvent, on a outré cette inégalité; on a prétendu dans plusieurs pays qu’il n’était pas permis à un citoyen de sortir de la contrée où le hasard l’a fait naître; le sens de cette loi est visiblement: « Ce pays est si mauvais et si mal gouverné que nous défendons à chaque individu d’en sortir, de peur que tout le monde n’en sorte. » Faites-mieux: donnez à tous vos sujets envie de demeurer chez vous, et aux étrangers d’y venir.
Chaque homme, dans le fond de son coeur, a droit de se croire entièrement égal aux autres hommes: il ne s’ensuit pas de là que le cuisinier d’un cardinal doive ordonner à son maître de lui faire à dîner, le cuisinier peut dire: « Je suis homme comme mon maître; je suis né comme lui en pleurant; il mourra comme moi dans les mêmes angoisses et les mêmes cérémonies. Nous faisons tous deux les mêmes fonctions animales. Si les Turcs s’emparent de Rome, et si alors je suis cardinal et mon maître cuisinier, je le prendrai à mon service. » Tout ce discours est raisonnable et juste: mais en attendant que le Grand Turc s’empare de Rome, le cuisinier doit faire son devoir, ou toute société humaine est pervertie.
A l’égard d’un homme qui n’est ni cuisinier d’un cardinal, ni revêtu d’aucune autre charge dans l’État; à l’égard d’un particulier qui ne tient à rien, mais qui est fâché d’être reçu partout avec l’air de la protection ou du mépris, qui voit évidemment que plusieurs monsignori n’ont ni plus de science, ni plus d’esprit, ni plus de vertu que lui, et qui s’ennuie d’être quelquefois dans leur antichambre, quel parti doit-il prendre? Celui de s’en aller.
 

vendredi 16 décembre 2011

Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes (1755)


Tant que les hommes se contentèrent de leurs cabanes rustiques, tant qu’ils se bornèrent à coudre leurs habits de peaux avec des épines ou des arêtes, à se parer de plumes et de coquillages, à se peindre le corps de diverses couleurs, à perfectionner ou à embellir leurs arcs et leurs flèches, à tailler avec des pierres tranchantes quelques canots de pêcheurs ou quelques grossiers instruments de musique ; en un mot tant qu’ils ne s’appliquèrent qu’à des ouvrages qu’un seul pouvait faire, et qu’à des arts qui n’avaient pas besoin du concours de plusieurs mains, ils vécurent libres, sains, bons, et heureux autant qu’ils pouvaient l’être par leur nature, et continuèrent à jouir entre eux des douceurs d’un commerce indépendant : mais dès l’instant qu’un homme eut besoin du secours d’un autre ; dès qu’on s’aperçut qu’il était utile à un seul d’avoir des provisions pour deux, l’égalité disparut, la propriété s’introduisit, le travail devint nécessaire, et les vastes forêts se changèrent en des campagnes riantes qu’il fallut arroser de la sueur des hommes, et dans lesquelles on vit bientôt l’esclavage et la misère germer et croître avec les moissons.
   La métallurgie et l’agriculture furent les deux arts dont l’invention produisit cette grande révolution. Pour le poète, c’est l’or et l’argent, mais pour le philosophe ce sont le fer et le blé qui ont civilisé les hommes, et perdu le genre humain ; aussi l’un et l’autre étaient-ils inconnus aux sauvages de l’Amérique qui pour cela sont toujours demeurés tels ; les autres peuples semblent même être restés barbares tant qu’ils ont pratiqué l’un de ces arts sans l’autre ; et l’une des meilleures raisons peut-être pourquoi l’Europe a été, sinon plus tôt, du moins plus constamment, et mieux policée que les autres parties du monde, c’est qu’elle est à la fois la plus abondante en fer et la plus fertile en blé.
(J-J. Rousseau)

Rousseau dénonce la civilisation et persiste dans son célébrissime « mythe du bon sauvage ».
Retrouvez dans cet extrait :
Le bonheur de l'Homme primitif de la société patriarcale et naturelle
Le malheur de l'Homme social

Lettre de Voltaire  à Rousseau, après la publication du Discours sur l'inégalité


30 août 1755
J'ai reçu, Monsieur, votre nouveau livre contre le genre humain, et je vous en remercie. Vous plairez aux hommes, à qui vous dites leurs vérités, et vous ne les corrigerez pas. On ne peut peindre avec des couleurs plus fortes les horreurs de la société humaine, dont notre ignorance et notre faiblesse se promettent tant de consolations. On n'a jamais employé tant d'esprit à vouloir nous rendre bêtes; il prend envie de marcher à quatre pattes, quand on lit votre ouvrage. Cependant, comme il y a plus de soixante ans que j'en ai perdu l'habitude, je sens malheureusement qu'il m'est impossible de la reprendre, et je laisse cette allure naturelle à ceux qui en sont plus dignes que vous et moi. Je ne peux non plus m'embarquer pour aller trouver les sauvages du Canada; premièrement, parce que les maladies dont je suis accablé me retiennent auprès du plus grand médecin de l'Europe, et que je ne trouverais pas les mêmes secours chez les Missouris, secondement, parce que la guerre est portée dans ces pays-là, et que les exemples de nos nations ont rendu les sauvages presque aussi méchants que nous. Je me borne à être un sauvage paisible dans la solitude que j'ai choisie auprès de votre patrie, où vous devriez être.
  Je conviens avec vous que les belles-lettres et les sciences ont causé quelquefois beaucoup de mal. Les ennemis du Tasse firent de sa vie un tissu de malheurs, ceux de Galilée le firent gémir dans les prisons, à soixante et dix ans, pour avoir connu le mouvement de la terre ; et ce qu'il y a de plus honteux, c'est qu'ils l'obligèrent à se rétracter. Dès que vos amis eurent commencé le Dictionnaire encyclopédique, ceux qui osèrent être leurs rivaux les traitèrent de déistes, d'athées et même de jansénistes. [...]
  De toutes les amertumes répandues sur la vie humaine, ce sont là les moins funestes. Les épines attachées à la littérature et à un peu de réputation ne sont que des fleurs en comparaison des autres maux qui de tout temps ont inondé la terre. Avouez que ni Cicéron, ni Varron, ni Lucrèce, ni Virgile, ni Horace n'eurent la moindre part aux proscriptions. Marius était un ignorant; le barbare Sylla, le crapuleux Antoine, l'imbécile Lépide lisaient peu Platon et Sophocle ; et pour ce tyran sans courage, Octave Cépias, surnommé si lâchement Auguste, il ne fut un détestable assassin que dans le temps où il fut privé de la société des gens de lettres.
  Avouez que Pétrarque et Boccace ne firent pas naître les troubles de l'Italie ; avouez que le badinage de Marot n'a pas produit la Saint-Barthélemy et que la tragédie du Cid ne causa pas les troubles de la Fronde. Les grands crimes n'ont guère été commis que par de célèbres ignorants. Ce qui fait et fera toujours de ce monde une vallée de larmes, c'est l'insatiable cupidité et l'indomptable orgueil des hommes, depuis Thamas-Kouli-Kan, qui ne savait pas lire, jusqu'à un commis de la douane qui ne sait que chiffrer. Les lettres nourrissent l'âme, la rectifient, la consolent ; elles vous servent, Monsieur, dans le temps que vous écrivez contre elles : vous êtes comme Achille, qui s'emporte contre la gloire, et comme le P. Malebranche, dont l'imagination brillante écrivait contre l'imagination.
  Si quelqu'un doit se plaindre des lettres, c'est moi, puisque dans tous les temps et dans tous les lieux elles ont servi à me persécuter ; mais il faut les aimer malgré l'abus qu'on en fait, comme il faut aimer la société dont tant d'hommes méchants corrompent les douceurs ; comme il faut aimer sa patrie, quelques injustices qu'on y essuie ; comme il faut aimer l'Être suprême, malgré les superstitions et le fanatisme qui déshonorent si souvent son culte.
  M. Chappuis m'apprend que votre santé est bien mauvaise; il faudrait la venir rétablir dans l'air natal, jouir de la liberté, boire avec moi du lait de nos vaches, et brouter nos herbes.
  Je suis très philosophiquement et avec la plus grande estime, etc.


Réponse de  Rousseau

10 septembre 1755

C'est à moi, Monsieur, de vous remercier à tous égards. En vous offrant l'ébauche de mes tristes rêveries, je n'ai point cru vous faire un présent digne de vous, mais m'acquitter d'un devoir et vous rendre un hommage que nous vous devons tous comme à notre chef. Sensible, d'ailleurs, à l'honneur que vous faites à ma patrie, je partage la reconnaissance de mes concitoyens, et j'espère qu'elle ne fera qu'augmenter encore, lorsqu'il auront profité des instructions que vous pouvez leur donner .[...]
  Vous voyez que je n'aspire pas à nous rétablir dans notre bêtise, quoique je regrette beaucoup, pour ma part, le peu que j'en ai perdu. A votre égard, monsieur, ce retour serait un miracle, si grand à la fois et si nuisible, qu'il n'appartiendrait qu'à Dieu de le faire et qu'au Diable de le vouloir. Ne tentez donc pas de retomber à quatre pattes; personne au monde n'y réussirait moins que vous. Vous nous redressez trop bien sur nos deux pieds pour cesser de tenir sur les vôtres.
  Je conviens de toutes les disgrâces qui poursuivent les hommes célèbres dans les lettres; je conviens même de tous les maux attachés à l'humanité et qui semblent indépendants de nos vaines connaissances. Les hommes ont ouvert sur eux-mêmes tant de sources de misères que quand le hasard en détourne quelqu'une, ils n'en sont guère moins inondés. D'ailleurs il y a dans le progrès des choses des liaisons cachées que le vulgaire n'aperçoit pas, mais qui n'échapperont point à l'œil du sage quand il y voudra réfléchir. Ce n'est ni Térence, ni Cicéron, ni Virgile, ni Sénèque, ni Tacite; ce ne sont ni les savants ni les poètes qui ont produit les malheurs de Rome et les crimes des Romains : mais sans le poison lent et secret qui corrompait peu à peu le plus vigoureux gouvernement dont l'histoire ait fait mention, Cicéron ni Lucrèce, ni Salluste n'eussent point existé ou n'eussent point écrit.[...] Le goût des lettres et des arts naît chez un peuple d'un vice intérieur qu'il augmente; et s'il est vrai que tous les progrès humains sont pernicieux à l'espèce, ceux de l'esprit et des connaissances qui augmentent notre orgueil et multiplient nos égarements, accélèrent bientôt nos malheurs. Mais il vient un temps où le mal est tel que les causes mêmes qui l'ont fait naître sont nécessaires pour l'empêcher d'augmenter; c'est le fer qu'il faut laisser dans la plaie, de peur que le blessé n'expire en l'arrachant. Quant à moi si j'avais suivi ma première vocation et que je n'eusse ni lu ni écrit, j'en aurais sans doute été plus heureux. Cependant, si les lettres étaient maintenant anéanties, je serais privé du seul plaisir qui me reste. C'est dans leur sein que je me console de tous mes maux : c'est parmi ceux qui les cultivent que je goûte les douceurs de l'amitié et que j'apprends à jouir de la vie sans craindre la mort.[...]
  Recherchons la première source des désordres de la société, nous trouverons que tous les maux des hommes leur viennent de l'erreur bien plus que de l'ignorance, et que ce que nous ne savons point nous nuit beaucoup moins que ce que nous croyons savoir. Or quel plus plus sûr moyen de courir d'erreurs en erreurs, que la fureur de savoir tout ? Si l'on n'eût prétendu savoir que la Terre ne tournait pas, on n'eût point puni Galilée pour avoir dit qu'elle tournait. Si les seuls philosophes en eussent réclamé le titre, l'Encyclopédie n'eût point eu de persécuteurs. [...]
  Ne soyez donc pas surpris de sentir quelques épines inséparables des fleurs qui couronnent les grands talents.[...]
  Je suis sensible à votre invitation; et si cet hiver me laisse en état d'aller au printemps habiter ma patrie, j'y profiterai de vos bontés. mais j'aimerais mieux boire de l'eau de votre fontaine que du lait de vos vaches, et quant aux herbes de votre verger, je crains bien de n'y en trouver d'autres que le Lotos, qui n'est pas la pâture des bêtes, et le Moly qui empêche les hommes de le devenir.
  Je suis de tout mon cœur et avec respect, etc.

jeudi 15 décembre 2011

Le joujou du pauvre

Ecoutez en lisant 


Je veux donner l'idée d'un divertissement innocent. Il y a si peu d'amusements qui ne soient pas coupables !
Quand vous sortirez le matin avec l'intention décidée de flâner sur les grandes routes, remplissez vos poches de petites inventions d'un sol, - telles que le polichinelle plat mû par un seul fil, les forgerons qui battent l'enclume, le cavalier et son cheval dont la queue est un sifflet, - et le long des cabarets, au pied des arbres, faites-en hommage aux enfants inconnus et pauvres que vous rencontrerez. Vous verrez leurs yeux s'agrandir démesurément. D'abord ils n'oseront pas prendre; ils douteront de leur bonheur. Puis leurs mains agripperont vivement le cadeau, et ils s'enfuiront comme font les chats qui vont manger loin de vous le morceau que vous leur avez donné, ayant appris à se défier de l'homme.
Sur une route, derrière la grille d'un vaste jardin, au bout duquel apparaissait la blancheur d'un joli château frappé par le soleil, se tenait un enfant beau et frais, habillé de ces vêtements de campagne si pleins de coquetterie. Le luxe, l'insouciance et le spectacle habituel de la richesse, rendent ces enfants-là si jolis, qu'on les croirait faits d'une autre pâte que les enfants de la médiocrité ou de la pauvreté. A côté de lui, gisait sur l'herbe un joujou splendide, aussi frais que son maître, verni, doré, vêtu d'une robe pourpre, et couvert de plumets et de verroteries. Mais l'enfant ne s'occupait pas de son joujou préféré, et voici ce qu'il regardait :
De l'autre côté de la grille, sur la route, entre les chardons et les orties, il y avait un autre enfant, pâle, chétif, fuligineux, un de ces marmots-parias dont un œil impartial découvrirait la beauté, si, comme œil du connaisseur devine une peinture idéale sous un vernis de carrossier, il le nettoyait de la répugnante patine de la misère.
A travers ces barreaux symboliques séparant deux mondes, la grande route et le château, l'enfant pauvre montrait à l'enfant riche son propre joujou, que celui-ci examinait avidement comme un objet rare et inconnu. Or, ce joujou, que le petit souillon agaçait, agitait et secouait dans une boîte grillée, c'était un rat vivant ! Les parents, par économie sans doute, avaient tiré le joujou de la vie elle-même.

Et les deux enfants se riaient l'un à l'autre fraternellement, avec des dents d'une égale blancheur.

Charles Baudelaire - Le Spleen de  Paris

Quelle morale pour ce poème en prose  ? 

vendredi 9 décembre 2011

Interdire ou pas la fessée ?


Quand on frappe les adultes, c'est une agression

Quand on frappe les animaux, c'est de la cruauté
Quand on frappe les enfants, c'est pour leur "bien"


« Levez la main contre la fessée ! », tel est le slogan d’une campagne du Conseil de l'Europe contre les châtiments corporels infligés aux enfants. Les châtiments corporels constituent la forme la plus répandue de violence à l’encontre des enfants. C’est aussi une violation des droits des enfants en tant qu’êtres humains. Inefficaces en tant que méthode de discipline, les châtiments corporels transmettent un message erroné et peuvent être à l’origine de graves dommages physiques et mentaux. Le Conseil de l'Europe lutte contre les châtiments corporels en menant une campagne pour leur abolition totale et en faisant la promotion d’une parentalité positive et non violente dans ses quarante sept Etats membres. (…) Vingt Etats membres ont aboli complètement les châtiments corporels et sept autres se sont engagés à leur emboîter le pas. De nombreuses célébrités, y compris des chefs d’Etat et des artistes, ont prêté leur nom pour soutenir cette campagne.

(d’après le site du Conseil d’Europe) 


Et vous, êtes-vous  pour ou contre une loi interdisant la fessée ?


Il faut interdire la fessée?
Oui
Non

Les vieux


Les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois du bout des yeux

Même riches ils sont pauvres, ils n'ont plus d'illusions et n'ont qu'un cœur pour deux
Chez eux ça sent le thym, le propre, la lavande et le verbe d'antan
Que l'on vive à Paris on vit tous en province quand on vit trop longtemps

Est-ce d'avoir trop ri que leur voix se lézarde quand ils parlent d'hier
Et d'avoir trop pleuré que des larmes encore leur perlent aux paupières
Et s'ils tremblent un peu est-ce de voir vieillir la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui dit : je vous attends

Les vieux ne rêvent plus, leurs livres s'ensommeillent, leurs pianos sont fermés
Le petit chat est mort, le muscat du dimanche ne les fait plus chanter
Les vieux ne bougent plus leurs gestes ont trop de rides leur monde est trop petit
Du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil et puis du lit au lit
Et s'ils sortent encore bras dessus bras dessous tout habillés de raide
C'est pour suivre au soleil l'enterrement d'un plus vieux, l'enterrement d'une plus laide
Et le temps d'un sanglot, oublier toute une heure la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, et puis qui les attend

Les vieux ne meurent pas, ils s'endorment un jour et dorment trop longtemps
Ils se tiennent par la main, ils ont peur de se perdre et se perdent pourtant
Et l'autre reste là, le meilleur ou le pire, le doux ou le sévère
Cela n'importe pas, celui des deux qui reste se retrouve en enfer
Vous le verrez peut-être, vous la verrez parfois en pluie et en chagrin
Traverser le présent en s'excusant déjà de n'être pas plus loin
Et fuir devant vous une dernière fois la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui leur dit : je t'attends
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non et puis qui nous attend.

( Jacques Brel)


jeudi 8 décembre 2011

La Fête des Lumières

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La Fête des Lumières est née le soir du 8 décembre 1852, lorsque les Lyonnais ont illuminé leurs fenêtres et leurs balcons avec des bougies et sont descendus dans la rue pour célébrer l’installation de la statue de la Vierge Marie sur la colline de Fourvière. Cet événement s’est également inspiré de l’expertise développée depuis plus de 20 ans par la Ville de Lyon dans la mise en lumière pérenne de l’espace et du patrimoine urbain.
Perpétuant une tradition séculaire, la Ville de Lyon a inventé avec la Fête des Lumières un modèle inédit et moderne d’événement populaire urbain : connue bien au-delà de nos frontières, elle reste le moment fédérateur de tous les Lyonnais, grâce notamment à la forte mobilisation des associations locales.
Du 8 au 11 décembre 2011 Lyon devient à nouveau le théâtre de l’un des plus grands événements urbains au monde.
Pour cette 13ème édition de la Fête des Lumières, les monuments, les fleuves, les collines se transforment, à l’invitation de la Ville de Lyon, en un vaste terrain d’expression pour les éclairagistes, architectes, plasticiens, vidéastes, sélectionnés pour la créativité de leurs projets. Formidable tremplin pour les jeunes talents et rendez-vous des artistes de renommée internationale, la Fête des Lumières révèle la création actuelle dans toute sa diversité : de la flamme nue à la projection vidéo, mêlant installations intimistes et projets spectaculaires.

mardi 6 décembre 2011

La Saint-Nicolas

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Fils d’Euphémius et Anne, un couple riche et pieux de la ville de Patare, en Lycie (sud de la Turquie actuelle). Malheureusement, ses parents décèdent de la peste alors qu’il est encore jeune et c’est son oncle l’archevêque de Myre qui se charge de son éducation. Très charitable, il n’hésite pas à utiliser la fortune de ses parents pour répandre ses bonnes actions. Le premier épisode de cette charité se manifeste lorsqu’il sauve trois jeunes filles de la prostitution en jetant nuitamment par la fenêtre ouverte trois bourses d’or dans la maison pour que leur père les dote et puisse les marier convenablement. Ordonné prêtre, il est ensuite nommé abbé du monastère de la Sainte-Sion. Après le décès de son oncle, il effectue un pèlerinage en Terre Sainte et se rend jusqu’en Égypte, où il rencontre Saint-Antoine le Grand. Au cours du voyage de retour, qui s’effectue en bateau, il apaise miraculeusement la tempête qui menace le navire. De retour à Myre, il est choisi pour succéder à son oncle comme archevêque. Il doit dès lors composer avec les persécutions ordonnées par l’empereur Licinius, qui a décidé de rétablir le culte des idoles, mais qui est heureusement bientôt vaincu par Constantin le Grand. Peu de temps après, Nicolas opère un nouveau miracle en ressuscitant trois enfants   qu’un boucher avait tué puis haché pour en faire du pâté. Le reste de la vie de Saint-Nicolas est jalonné de plusieurs autres prodiges semblables. Vers la fin de sa vie, il se retire dans son monastère de Sainte-Sion où il décède des suites d’une fièvre (270-346) Saint-Nicolas fait l’objet d’un culte important dans plusieurs pays d’Europe, mais aussi dans l’est de la France, où il est toujours étroitement associé à la légende du Père Noël  .
Saint-Nicolas est le patron des marins, des navigateurs, des voyageurs, des cireurs de chaussures, des enfants scolarisés, des pèlerins, des personnes sans ressources, des pharmaciens, des parfumeurs, des prêteurs sur gages, des femmes célibataires, des commerçants, des juges, des pêcheurs, des apothicaires, des dockers, des personnes captives, des jeunes mariés et des tonneliers. Il est invoqué pour éviter d’être victime d’un cambriolage ou pour écarter les risques de perdre une action intentée en justice.

Saint-Patron de la Lorraine, saint Nicolas est particulièrement fêté dans l'Est ainsi que le Nord de la France.
Nicolas est le grand patron des bateliers et mariniers, et des navigateurs d'une manière générale. L'histoire des trois enfants sauvés dans le bac à sel peut être interprétée comme une allégorie de marins sauvés du naufrage, le bac symbolisant le bateau, et le sel la mer. Tout au long des voies navigables de France sont élevées des chapelles dédiées à saint Nicolas.
Lors de sa "tournée", saint Nicolas distribue traditionnellement une orange et du pain d'épices portant son effigie. Le Père Fouettard, vêtu de noir et porteur d'un grand fagot, parfois le visage barbouillé de suie, l'accompagne, et distribue une trique (une branche de son fagot) aux enfants qui n'ont pas été sages et menace de les frapper. Saint Nicolas est censé voyager sur une mule, aussi les enfants doivent-ils, le soir, préparer de la nourriture (foin, paille ou grain) pour l'animal; au matin, ils trouvent les friandises (ou la trique) à la place de ce qu'ils ont préparé pour la mule.
Dans beaucoup d'écoles lorraines, saint Nicolas et le Père Fouettard passent visiter les jeunes enfants le 6 décembre et donnent parfois des cadeaux à ces derniers. À Metz, un défilé est organisé tous les ans dans les rues de la ville. Il est suivi d'un feu d'artifice sur la place d'Armes. À Nancy, un défilé est organisé tous les ans pour la Saint-Nicolas. Saint Nicolas est installé sur un char à Saint-Nicolas-de-Port, où un os de son doigt est conservé, et défile dans les rues de la ville. Le Père Fouettard, le boucher et les trois petits enfants de la légende sont également présents. A Bar-le-Duc, une parade du Saint-Nicolas est organisée et ensuite un feu d'artifice est tiré pour l'occasion.

En Alsace, Saint Nicolas passe le 6 décembre pour récompenser les enfants méritants de friandises et de cadeaux (traditionnellement un pain d'épices et une orange), il est aidé par son âne et il est accompagné par le Hanstrapp (Hans Trapp ou Rupelz) qui est chargé de punir ceux qui n'ont pas été sages. Le Hans Trapp les menace de les emmener dans son sac s'ils ne promettent pas d'être plus sage.
De nombreuses villes alsaciennes organisent des « Marchés de la Saint-Nicolas » au début du mois de décembre. Le marché de Noël de Strasbourg fut longtemps appelé ainsi.




lundi 5 décembre 2011

Le Passe-muraille


Le Passe-muraille est une nouvelle de Marcel Aymé publiée en 1943. Elle met en scène « un excellent homme nommé Dutilleul qui possédait le don singulier de passer à travers les murs sans en être incommodé. Il portait un binocle, une petite barbiche noire, et il était employé de troisième classe au ministère de l'Enregistrement. »
Type même du petit bonhomme falot, gris invisible, Monsieur Dutilleul va connaître des aventures parfaitement ahurissantes, découvrir l'amour et perdre son exceptionnel don pour se retrouver prisonnier du mur. Il n'aura que le peintre Eugène Paul et sa guitare pour le consoler de sa solitude.
L'action se déroule rue Norvins, à Montmartre, dans le 18e arrondissement, là où habitait Marcel Aymé. La place Marcel-Aymé, située à l'extrémité de cette rue, abrite une statue réalisée par Jean Marais, représentant le personnage emprisonné dans un mur.



samedi 3 décembre 2011

Les adolescents ont une activité physique insuffisante


 "Les adolescents ne bougent pas assez, surtout les jeunes filles." C'est ce qui indique une étude réalisée par l'Afssa (Agence française de sécuritésanitaire des aliments). "Moins d'un adolescent sur deux (15-17 ans), précisément 43,2%, atteint un niveau physique entraînant des bénéfices pour la santé, avec une forte différence entre les deux sexes: plus de six garçons sur dix, contre moins d'une fille sur quatre", explique Jean-Luc Volatier d'Afssa. En d'autres termes, plus d'un garçon sur deux ne suit pas les recommandations internationales qui prévoient une heure d'activité physique par jour. Environ un jeune sur cinq ne fait pratiquement jamais de sport.
"La pratique sportive est moins forte dans les milieux défavorisés, surtout chez les filles", nous dit Jean-François Toussaint, directeur d'un Institut de recherche biomédicale. En principe, les enfants de 3 à 18 ans devraient faire au moins une heure d'activité physique par jour. Avec l'âge, le nombre d'heures pratiquées à l'école diminue: une pratique quotidienne est recommandée en maternelle, au moins 4 heures par semaine en primaire, dans le secondaire on prévoit 3 heures pour les quatre premières années et 2 pour les deux dernières années. On constate aussi que la pratique du sport ne cesse de baisser depuis des décennies. Les adolescents d'aujourd'hui sont 40% moins actifs que ceux d'il y a trente ans. "Plus d'un jeune sur deux n'utilise pas de mode de transport actif (à pied, à vélo ou en rollers) pour aller à l'école", selon une enquête française.
Avec le développement des transports et l'arrivée du numérique – avec la toute-puissance de l'écran (téléviseurs, ordinateurs, consoles de jeux, mobiles…) – on constate que les jeunes bougent beaucoup moins. Le temps moyen passé par les 3-17 ans devant un écran est d'environ 3 heures par jour, temps qui augmente avec l'âge. 
"Si l'attention portée à la santé s'est beaucoup concentrée sur l'alimentation et son rôle dans diverses maladies, la pratique de l'exercice physique est restée un sujet plus discret", note l'Eufic (Conseil européen de l'information sur l'alimentation). Pourtant, "l'activité physique ou sportive détermine en grande partie l'état de santé des individus et des populations à tous les âges de la vie", indique encore M. Toussaint.
Les bienfaits d'une activité physique sont nombreux. Elle diminue le risque d'obésité, prévient les principales maladies chroniques (cancer, maladies du cœur, diabète…). Et puis, une bonne activité physique développe les muscles et renforce les os. Sans oublier que le sport "réduit l'anxiété et favorise les rythmes de sommeil", ajoute l'Eufic. Le sport est bon pour un bon développement psychologique et pourrait également contribuer à améliorer les performances scolaires. 
On constate pourtant que l'argument 'santé' n'est guère écouté par un nombre important de jeunes. Plantés devant la télé ou leur console, beaucoup d'entre eux vont commencer à prendre un peu de poids. Une fois qu'un jeune n'est plus dans les 'normes', la dimension psychologique devient de plus en plus grande. Le jeune va arrêter le sport et en même temps l'estime en soi va baisser. Soumis à une société qui cultive le culte de la minceur, le jeune en surpoids (environ 14% des 3-17 ans, dont 3% sont vraiment obèses) souffre souvent du regard des autres.
Avec l'âge, surtout au moment de la puberté, beaucoup de filles arrêtent de faire du sport. Leur corps change et beaucoup d'entre elles ont du mal à accepter ces changements, elles ne se sentent pas bien dans leur peau. Pour la plupart, il s'agit d'une question de look, d'apparence. "Hors de question de me mettre en maillot de bain, on ne peut pas m'y obliger!" a ainsi dit à sa mère, Lisa, 16 ans, élève dans un lycée parisien, à la rentrée. Résultat: avec l'accord de sa mère, Lisa ne participera à aucune leçon, à aucune épreuve de natation. "Bouger, c'est bien", encouragent tous les dépliants qu'on trouve un peu partout mais pour un nombre de jeunes cet appel reste lettre morte.
Il est vrai que la mission initiale de la plupart des associations sportives est centrée sur une pratique de compétition. Or, dans ces associations, très souvent, un jeune est moins bien accepté, même ridiculisé par les copains parce que ses résultats ne correspondent pas aux attentes du groupe. Ce jeune se sent alors exclu et il commence à douter de soi, son estime en soi baisse, il se referme dans sa chambre, dans la solitude. Désormais, fini de bouger: la télé, l'ordinateur, la console de jeux, le mobile… seront ses nouveaux copains. 
Mais il existe aussi des associations – et, heureusement, elles sont de plus en plus nombreuses – qui proposent une offre de loisirs non compétitive, où les activités sont plus en attente de la pratique-plaisir des adolescents. Un adolescent actif a plus de chances de devenir un adulte actif. Et l'activité physique doit rester un plaisir, dimension qui n'est pas toujours intégrée.
 Source:  LeMonde.fr



Questions

      1.    Quelle est la conclusion tirée par l'Afssa après son enquête réalisée auprès d'un grand groupe de jeunes?
      2.    Par quels chiffres Jean-Luc Volatier illustre-t-il la conclusion de l'enquête?
      3.    Quelles sont les recommandations internationales concernant les activités physiques pour des jeunes? Comment ces recommandations sont-elles réparties sur les différentes années scolaires (du maternel au secondaire)?
      4.    D'après le texte, comment la pratique du sport a-t-elle évolué sur trois décennies?
      5.    Qu'est-ce qu'une enquête française vient de démontrer concernant le mode de transport des jeunes?
      6.    Combien d'heures par jour les 3-17 ans passent-ils, en moyenne, devant l'écran? De quels 'écrans' peut-il s'agir alors?
      7.    D'après l'Eufic, sur quoi l'attention à la santé est-elle trop souvent portée? Pourquoi faudrait-il attirer l'attention sur l'activité physique?
      8.    D'après le texte, quels sont, entre autres, les bienfaits d'une activité physique?
      9.    Qu'est-ce qui peut poser lourdement sur un jeune qui ne se sent plus dans les normes? Quelle en est souvent la conséquence?
  10.    Quelle est la période d'âge la plus critique, surtout pour les filles? Comment cette période est-elle ressentie?
  11.    Quel est l'appel lancé par un nombre de dépliants? Quelle est la réaction de beaucoup de jeunes à cet appel?
  12.    Sur quoi la mission initiale de la plupart des associations sportives est-elle centrée? Que peut-il se passer si, dans une telle association, les résultats d'un jeune ne correspondent pas aux attentes du groupe?
  13.    Quel est en fait le but de ces associations qui proposent une offre de loisirs non compétitive? Pourquoi l'existence de telles associations est-elle si importante?

 "Les bienfaits d'une activité physique sont nombreux." Connaissez-vous d'autres bienfaits que ceux cités dans le texte? Si oui, de quels bienfaits s'agit-il? Expliquez.
 Y a-t-il aussi des dangers? Si oui, de quels dangers peut-il s'agir? Expliquez.